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Résumé du chapitre 19 Chapitre 19 - Le choix Le camp était situé face à la mer, en bordure
dune longue plage de sable blanc. De petite superficie, il ne
contenait que cinq ou six tentes en permanence, rarement une ou deux
caravanes. Il était doté, à lentrée,
dun shop offrant des boissons, scones, crèmes glacées,
fromage prétranché et quelques produits dentretien.
Les douches et la laverie jouxtaient le magasin. Que faire ? « Les mariages sont conclus au ciel » est-il
écrit. Mais, ici, pas de ciel, pas de mariage, seule une décision
à prendre, une décision pénible, aux conséquences
terribles
777 avait entamé des relations plus intimes
avec Salomé et, depuis, délaissé Hérodias,
non quil ne laimât plus mais par honnêteté
envers la première. Il renonça à de douloureuses
explications, dit bonsoir à Hérodias et sengouffra,
confus et résigné, dans la tente où lattendait
Salomé. Submergée par le désespoir, Hérodias
senfuit sur la plage, tout en prenant Dieu à témoin
de son humiliation et se promettant de repartir, dès le lendemain
matin, vers sa terre natale. 777 ne ferma pas lil de toute la nuit. Il pensait aux
reproches que son attitude susciterait inéluctablement. Ce quil
était en train de faire semblait immoral, répréhensible,
et pourtant il restait persuadé dobéir à
une ordonnance divine, celle dassurer une descendance à
Salomé. Dieu lui avait mis dans le cur des sentiments pour
cet accomplissement. Tout en lui devait tendre vers ce but. Non, il
nétait pas un défroqué ; il ne se sentait
pas coupable mais il souffrait en silence pour ce quil devait
infliger à Hérodias. Il sexposait aux railleries
et au mépris, même si, aux yeux de certains, sa situation
ne paraîtrait que banale, en ce siècle dexcès
fous et de confusion des valeurs. Les mariages sont conclus au ciel.
Mais combien de futurs époux sengagent-ils en pleine compréhension
de ces paroles ? Combien de mariages ne se concluent-ils pas dans linsouciance
ou, pire, lhypocrisie ? « Ce que Dieu a uni, que lhomme
ne le sépare pas. » 777 avait connu une première
union qui lavait conduit au divorce. Il navait pas su réaliser
lharmonie parfaite, de corps, desprit et de cur, qui
fait les bons mariages. Il prenait sa part de responsabilité
et sattristait devant ce constat navrant : un vent de discorde
soufflait sur les couples, les ténèbres poursuivant un
véritable travail de sape qui ébranlait toute la société.
Par ce stratagème, Lucifer réussit à ternir les
actions de 777 et à rendre non crédible, voire blasphématoire,
sa prédication du Royaume de Dieu sur la terre. L artisan
des ténèbres, autrefois ange de lumière, jetait
le trouble dans les esprits pour mieux les convaincre que la Vérité
ne pouvait sortir de la bouche dun homme qui sétait
lui-même égaré dans le péché. Beaucoup
rallieraient cette thèse car comment auraient-ils pu voir en
777 le fils de lhomme issu dune sphère lointaine
et incarné dans leur monde pour y éprouver la souffrance
des hommes et y remplir un devoir précis ? Quant à 777, il sen remettait au jugement de Dieu. Il
était accablé mais il navait pas peur. LEcriture
lui revint en mémoire. « Au jour de la Révélation,
les menteurs, les parjures, les calomniateurs seront gagnés par
la honte, et les rebelles au repentir voués à la désintégration
» pensa-t-il sans haine mais avec foi. « Ils essayeront
bien de se justifier, ils se lamenteront et se mettront à prier,
mais en vain, car lheure de la moisson venue, ils récolteront
ce quils auront semé. Restés aveugles et sourds
à la Parole, ils seront précipités dans une profonde
obscurité dont ils ne pourront sortir. » Le cri dun oiseau nocturne le tira de ses réflexions. Il se retourna sur sa couche et regarda les traits lisses de Salomé qui souriait dans son sommeil, bercée par le ressac de la mer toute proche. Il fut ému par sa jeunesse et sa vulnérabilité soudaine. Il sourit à son tour, mais lévocation dHérodias le ramena à la triste réalité. Que faisait à cet instant la mère de son enfant ? A quoi pensait-elle ? Pourrait-il jamais mesurer à son aune réelle lépreuve quil lui imposait ? Il se glissa sans bruit hors de la tente et voulut chercher Hérodias, mais il ne la trouva pas dans le camp. Il se dirigea vers la plage et distingua sa silhouette courbée au bord des vagues. Il sapprocha. Elle releva la tête et posa sur lui ses yeux rougis par les pleurs ; son visage scellé par la souffrance navait rien perdu de sa dignité. Ils se regardèrent un moment en silence puis ce fut elle qui parla. « Je prends le premier avion de retour, demain. » dit-elle sans violence mais avec détermination. Ces mots lassommèrent plus quun coup de gourdin. Il ne pouvait envisager ce départ qui le priverait à jamais de son enfant et de celle quil chérissait encore. Navait-il pas espéré garder envers et contre tout lamour de cette femme tandis quil conquérait celui de Salomé ? Non, il ne pouvait renoncer à elle. Alors, il tenta de toutes ses forces de la retenir. Il lui dit toute sa tendresse, combien sa présence lui était nécessaire. Il la prit dans ses bras et passa une partie de la nuit à la convaincre de rester. Ce rapprochement et cette complicité retrouvée amollirent la résistance dHérodias qui se mit à espérer un revirement de situation. Elle aimait toujours cet homme, malgré le mal quil lui faisait. Et peut-être quaprès tout, Salomé navait
pas gagné la partie
Elle resta donc. A suivre.
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