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chapitre 7 La rencontre Le songe et le rêve sont deux "ressentis"
de matière et d'origine totalement différentes. Depuis
le choix du principe faux de la voie luciférienne, l'homme
n'a cessé de développer son cerveau antérieur
au détriment du cerveau postérieur appelé "cervelet".
Le rêve, produit du cerveau endormi, est l'expression des sentiments
libérés de l'emprise cérébrale. Toutefois,
leur siège demeurant dans le cerveau, les rêves ne peuvent
pas voler bien haut et les plus sublimes ne feront jamais que d'effleurer
le plan de la matière subtile. L'interprétation des
rêves ne pourra d'ailleurs se faire que par rapport à
leur déroulement sur le plan de cette matière uniquement.
Pour ce qui est du songe, tout est différent ! Le songe est
le fruit matérialisé de la force divine, captée
par l'esprit humain ancré au plexus, et retransmis au cervelet.
Il s'agit donc d'une révélation émanant des sommets
les plus élevés. Il y a autant de différences
entre le songe et le rêve qu'il n'y en a entre l'imagination
(issue du cerveau) et l'intuition (produit du cervelet). Le songe
est pour celui qui suit la voie spirituelle, le rêve est pour
quiconque suit la voie matérielle appelée aussi voie
de la chair (cette notion recouvrant bien plus que le domaine du sexe,
lequel reste un don de Dieu à l'homme sous condition d'un usage
sain). Quant au cauchemar, il est toujours lié au cerveau.
Toutefois, un songe peut être de "nature" cauchemardesque.
On pourrait ajouter que si le rêve passe au gré du temps
et parfois même très vite, le songe, lui, est "imprimé"
à vie dans la mémoire. De plus, le songe révèle,
instruit et apporte un message provenant du plan de la spiritualité,
des "êtres primordiaux" ou même de Dieu. 777 venait d'entrer dans une phase hautement spirituelle et cette entrée fut couronnée par un don merveilleux qui lui fut fait. S'étant endormi après une dure journée de labeur, il pénétra dans la lumière éclatante de son étoile et une voix, douce et ferme, qu'il reconnaîtrait toujours entre toutes, lui dit : "777, tu vas avoir un songe, ne t'éveille pas !" Un immense tableau s'éclaira devant lui, en quatre dimensions. Il ne pouvait définir l'endroit où il se trouvait, mais le ciel était d'azur, sans l'ombre d'un nuage. Une étoile apparut, alors qu'il faisait grand jour, brillante comme l'étoile du matin, celle que l'on appelle aussi Vénus ou l'étoile du berger, parce qu'elle est la dernière à s'éteindre avant le lever du soleil. Oui, c'était bien elle. Une parole de l'Ecriture inonda sa mémoire : "Je suis l'étoile brillante du matin" et il pensa au bon berger, au pasteur des évangiles qui conduit son troupeau afin qu'il ne se perde pas, le Christ. Au même instant, en réponse à sa prière, l'étoile amorça une descente. Très vite, elle devint énorme. 777 la regardait subjugué, aimanté par sa prodigieuse lumière. Puis, soudain, elle implosa. Elle avait disparu découvrant un escalier de marbre blanc zébré de rose et de gris clair qui se déroula dun coup, tel un tapis sous leffet dune force invisible, jusqu'aux pieds de 777. L'étoile réapparut toute petite, en aplomb des marches, très haut dans le ciel et se dirigea vers 777 dont le cur sétait mis à bondir dune joie indescriptible, car il savait ... Lastre s'approchait de lui tout en s'affinant, ses contours se modelaient, dessinant progressivement une forme humaine et il Le vit enfin ! Cétait bien Lui, cétait bien Son Seigneur qui venait à lui. Il passait les marches sans heurt, comme sIl les touchait à peine. Son visage, dont il ne pouvait distinguer les traits, resplendissait de pureté, ses mains et ses pieds irradiaient de soleil. Il portait un vêtement d'un blanc immaculé et une ceinture d'or nouée sous la poitrine. Il était maintenant tout proche et le rayonnement de Sa présence envahit 777 qui comprit instantanément ce qu'il avait à faire, sans qu'on lui demandât. Il s'approcha de la première marche, tête baissée en signe de soumission et parce qu'on ne peut voir la Lumière de face. Il s'agenouilla parallèlement à l'escalier, se pencha en avant et posa ses mains sur le sol, cette position lempêchant de se retourner. Le Christ s'assit dans le creux de ses reins et, à
linstant même, il eut limpression de porter la terre
entière. La vision dune mappemonde bleue simposa
à son esprit et il entendit distinctement le Christ lui adresser
ces quelques mots : "Tu auras toi aussi à supporter le
poids du monde
Humilie-toi ! " 777 réalisa que son chemin serait rocailleux
et lui causerait bien des tourments. Son principal défi serait
dextirper lorgueil qui lhabitait, ce poison qui
avait perdu Lucifer. Il fut tiré de ses réflexions par
une sensation soudaine dallègement : la pression dans
le bas de son dos avait disparu. Il était seul à présent.
Il se redressa calmement, à gestes mesurés pour ne pas
perturber la vision quil venait davoir. Le Christ était
reparti ; lescalier et la petite étoile Lui subsistèrent
un instant avant de se fondre dans le ciel azuré, comme absorbés
par un buvard. Cest alors que 777 fut tiré de son sommeil,
une douleur sourde à la poitrine, la douleur de labsence,
déjà. Ce contact divin lavait transporté
en un espace temps magnifique jusquà lindicible
et, subitement, il se retrouvait orphelin de ce bonheur absolu. Où
était Celui quil aimait tant ? Désormais, il ne
vivrait plus que dans lespoir dune nouvelle rencontre.
Il la chercherait, la désirerait ardemment. Ce quil avait
vécu sétait réalisé sur le plan
de la spiritualité originelle, mais quétait-il
lui, simple terrien « tes rien » - face à
Celui qui lavait ainsi honoré ? Quétait-il,
lui, limparfait, face à cette Pureté dorigine
christique ? « Où es-Tu donc, Seigneur ? Je voudrais
tant Te revoir. » implorait-il dans ses prières. Les jours sécoulaient et son appel restait
sans écho. Puis, au milieu dune nuit, alors quil
dormait, la voix simposa à nouveau : « Tu vas avoir
un songe, ne téveille pas. » A sa grande surprise,
il se retrouva au cur dune grande ville quil connaissait
bien : les gens se pressaient sur le trottoir. Lui, scrutait le ciel
dans sa quête de Le revoir, mais il ny avait aucune trace
détoile. Pourquoi ce rendez-vous dans une ville triste
et grise ? 777 porta son regard sur les passants qui se croisaient
sans se voir. Beaucoup semblaient programmés pour une vie sans
idéal, sans spiritualité ; certains arboraient un sourire
évasif à la pensée dhypothétiques
plaisirs, mais la joie nétait pas dans leur cur
; dautres paraissaient harassés par une existence superficielle
ou par des devoirs douloureux. 777 sétait trompé,
tout cela nétait quun mauvais rêve. Il ne
reverrait pas la Lumière. Quand
tout à coup,
au milieu de cette marée humaine, il aperçut de dos,
à une vingtaine de mètres devant lui, un petit monsieur,
mallette sous le bras, vêtu et chapeauté à la
manière désuète du parfait fonctionnaire. Lhomme
se retourna et sarrêta. Il portait de grosses lunettes
décaille, fixa 777 et entama avec lui un dialogue silencieux
queux seuls pouvaient entendre. Il y eut une légère pause et 777 frissonna
démotion. - « Non, sécria 777, ce nest
pas possible. Il ne peut pas partir, jai des choses à
Lui dire. » Il tenta bien désespérément
de le rejoindre mais le flot croissant des passants se referma sur
lui et ses bras restèrent inutilement tendus car le petit homme
avait disparu dans la foule. 777 séveilla. Il passa le reste de la
nuit à méditer les paroles que le Christ lui avait adressées
sous les traits ingrats de monsieur tout-le-monde et il fut pris de
nostalgie à lidée que, peut-être, il ne
Le reverrait plus.A suivre. A suivre... Jean-Baptiste |