Robert COGOI

A.Mag : Un nouvel album avec vos plus grands succès
vient de sortir chez Ariane Music, les titres ont-ils été
remixés ou avez vous fait de nouvelles orchestrations ?
R.C : Pas du tout, ce sont les originaux avec le son de lépoque
et plus précisément les succès figurant dans les
hit parade de 1962 à 1969.
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A.Mag : Les artistes dautrefois sont de plus en plus demandés,
est ce dû à un manque dinspiration de la part
des musiciens qui de plus en plus ont recours à des machines
et à linformatique pour composer ?
R.C : Je pense que cest plutôt dû à un
sentiment du souvenir et de la nostalgie des golden sixties et autres
années dor. A cette époque, il y avait du travail
pour tout le monde. Le public de lépoque a vieilli,
le chanteur aussi et pour certains le fait de se replonger dans
le souvenir est une meilleure thérapie que de se rendre chez
le médecin. Certains ont flirté sur mes chansons,
dautres ont dansé pour la première fois, chaque
titre évoque un souvenir, un visage, une aventure voire un
mariage. Quant à linformatique, cest un excellent
outil de travail, on peut très bien lier les deux mais un
ordinateur ne rendra jamais le toucher dun musicien ni lexpression
des sentiments artistiques.
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A.Mag : Parmi les chansons
de votre répertoire figurent des adaptations de la musique
country et folk, cétait une demande du public de lépoque
?
R.C : Ce nétait pas une demande mais plutôt une
réaction personnelle du producteur de lépoque
et de moi-même. Nous avions donc édité un album
de chansons inédites du folklore américain adaptées
en français, tels « Quand le soleil dit bonjour aux montagnes
», « Cette maison », « Une bière pour
mon cheval »
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A.Mag : Malgré votre talent et votre succès en Belgique,
comment se fait-il que la France vous a toujours boudé ?
R.C : La France ne ma pas boudé, jétais
peut être un peu trop casanier. De plus, jétais
beaucoup plus jeune et peut être nai-je pas saisi lopportunité
du moment. Je suis quand même allé chanter en Suisse,
au Québec et à Haïti et puis il aurait fallût
minstaller en France, non je naurais jamais voulu mexpatrier.
A.Mag : Avec la sortie de cette nouvelle compilation, est ce le
départ dune nouvelle carrière pour Robert Cogoi
?
R.C : Je nutiliserai pas le terme de « nouvelle carrière
», je préfère dire que cest un grand bonheur
qui pour moi est devenu un conte de fée car à 63 ans
avec la réédition de mes succès dautrefois,
cet album est devenu disque dor et cela grâce à
un public resté fidèle et que je remercie
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A.Mag : Composez-vous toujours et aurons-nous le plaisir de voir sortir
un nouvel album après cette compilation de vos plus grands succès
?
R.C : Prochainement les éditions musicales « Silver Star
» va ressortir deux albums uniquement de reprises de mes anciennes
chansons qui n'ont plus été éditées depuis
une trentaine d'année. Et si je compose toujours ? Oui bien sûr,
même si elles ne verront peut-être pas le jour, jécris
encore des chansons, même à 63 ans jai encore la guitare
qui me démange
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A.Mag : Que pensez-vous de la musique daujourdhui ?
R.C : Il y a toujours de belles musiques mais nous sommes prisonniers
des cinq majors planétaires qui ne pensent quà
faire du fric en fabriquant des vedettes. Pour ce genre de société,
jose dire quils ont tord car il existe encore de la
richesse musicale que le public voudrait réentendre. Sans
vouloir critiquer le contenu, jai une certaine aversion pour
le rap qui nest quune cascade de paroles récitées
sur un rythme, de plus je suis incapable de faire ce genre dexercice.
A.Mag : Dans notre pays, croyez-vous que les médias font
tout ce quil faut pour promouvoir les artistes belges ?
R.C : Non, absolument pas ! Notre métier nest pas reconnu,
nous navons aucun statut social. Pour certains dentre
nous cest la galère et lindifférence totale
des pouvoirs qui sont en train de tuer dans luf de futurs
artistes. Les médias ne réagissent pas face à
cela. On na pas de chance de se faire voir et on ne nous voit
pas. Nous avons besoin de statuts et on ne voit toujours rien venir.
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A.Mag : Vous êtes invité à Vielsalm
pour être intronisé Shérif dhonneur lors
du 8ème Salm Lake Country festival, y chanterez-vous ?
R.C : Oui, un tour de chant un peu plus court avec les plus grands
succès comme « Pardonnez-moi seigneur » et «
Près de ma rivière » sans oublier quelques chansons
de musique country.
A.Mag : Comment expliquez-vous ce phénomène de mode
quest devenue la musique country, serais-ce un retour aux
sources ?
R.C : Exactement, cest un retour aux sources et qui nest
pas négligeable. La country est la musique pour des gens
du peuple et faite par les gens du peuple et si parmi eux, certains
sont devenus des « Stars », les chanteurs country sont
des gens comme tout le monde qui savent rester humbles et aimables.
La musique country nest pas une mode, cest un besoin
naturel qui raconte les choses de la vie avec ses joies et ses peines,
cest physique.
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Propos recueillis par Roly W
Merci à Toon STOCKELYNCK pour ses photos lors du concert à
Vielsalm le 2 août 2002
Photographe Toon Stockelynck 0477.83.92.27
toon_stockelynck@mac.com
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