Lettre ouverte d'excuse

Je suis profondément désolé et je présente mes excuses publique à Madame Francine DELVAUX et à Monsieur Jean-Marie DANZE , d'avoir utilisé le mot "nazi" dans mon article. La raison de ce mot, qui a été écrit sous la colère d'un homme, dont des membres de sa famille ont été exterminés par des nazis, suite à une philosophie semblable il y a 60 ans, est une réaction à cette lettre rendue publique malgré lui. Je me devais de répondre aux nombreux témoignages de sympathie envers les artistes, les bénévoles et les organisateurs.
Aujourd'hui cette lettre est remplacée par cette lettre ouverte d'excuse, en expliquant les raisons de l'utilisation du mot "nazi". Je reconnais que le mot "nazi" était un peu fort, mais, comment auriez-vous réagi dans de telles circonstances?
Cet article est signé en mon nom propre, en tant qu'Éditeur Responsable et en tant que Rédacteur en chef du journal et du site Internet ARDENNES MAGAZINE.

Je m'en excuse une nouvelle fois auprès de Madame Francine DELVAUX, de Monsieur Jean-Marie DANZE, des lecteurs et auprès des internautes du site du journal.

Pour mieux comprendre la raison de l'utilisation de ce mot, je me permets d’informer les lecteurs que :
la rédaction de l'édition du numéro 183 d'Ardennes Magazine a été réalisée en moins de 24h et ce dans l'après-midi du dimanche 21 septembre 2003 et dans la matinée du lundi 22 septembre 2003. Les pages devait être envoyées par E-mail le lundi 22 septembre 2003 au plus tard pour 14h00 chez l'imprimeur, et ce, sans avoir eu la moindre possibilité de relecture et de réflexion, qui aurait certainement permis d'éviter la publication du mot "nazi". La fatigue suite à ce week-end humanitaire, la tension nerveuse via-à-vis de l'heure butoir pour finaliser l'édition et aux réactions des spectateurs de la soirée, a fait que j'ai écrit cet article, sans prendre conscience du poids du mot "nazi". Une situation de stress insoutenable ne m'on pas permis d'avoir les pieds sur terre.
Pour mieux comprendre ma réaction inexcusable et un peu vive, il faut savoir qu'une grande partie de ma famille a été exterminée dans les camps de concentration à cause de l'intolérance et la philosophie d'un certain Hitler...
J'ai retrouvé dans les propos d'intolérance de Madame Francine DELVAUX "entre les putes, les travelos et les sportifs" des propos outrageants pour les artistes concernés et indignes de la part d'un scientifique mondialement reconnu.
Ces propos, rendus publics et remis dans le contexte de cette soirée humanitaire prennent une toute autre dimension.
Je ne peux que m'excuser une nouvelle fois d'avoir publié un tel mot, alors que je n'ai pas connu la guerre 40-45, mais j'ai bien connu les souffrances de ma famille.
Le mot "nazi" est probablement insoutenable par rapport à l'intolérance des propos homophobes et injurieux tenus par Madame Francine DELVAUX et Monsieur Jean-Marie DANZE, grands scientifiques, comme les présente leur défenseur.

Afin de mieux comprendre mon inexcusable mot, je me permettrai donc de rappeler aux lecteurs qu'une partie de ma famille fut exterminée par les nazis.

Mon grand oncle Constant MARTINY, agent secret, fut le premier Belge civil parachuté dans les bois St.-Jean en zone occupée pour mettre en place un service de renseignements, et, il fut fusillé à Berlin le 26 août 1942. Ma grande tante, Anne-Marie TINANT fut également arrêtée et enlevée en mai 1941 et est décédée au camp de Bergen Belsen le 23 avril 1945. Que son beau fils, René ELIAS, marié avec ma tante Irène, Marie-Louise MARTINY fut également fusillé par les nazis en 1942. Ils étaient à la tête d'un réseau d'espionnage et de résistance ce qui leur fut fatal, et ce, pour sauver les valeurs de libertés de notre Belgique.

Depuis l'âge de 7 ans, dans le bureau de mon grand père, Léon DAULNE, je voyais ces trois grandes photos de mes oncles et de ma tante que je n'ai malheureusement jamais pu connaître, mais desquels j'ai pu parler dans l'édition n° 76 du 3 novembre 1994 dans les pages 8 et 9, dans le cadre de l'inauguration d'un monument au Bois St.-Jean, 50 ans après les faits. Je n'ai pas connu l'horreur de cette guerre. Je suis né à Houffalize dans les baraquements d'une ville en reconstruction, le 1er mars 1950. J'ai longuement parlé de cette guerre en relatant l'histoire dans plusieurs livres édités également en anglais, allemand, néerlandais dans le cadre du 40e anniversaire de la bataille des Ardennes. Pendant plus d'une année j'ai recueilli de nombreux témoignages que j'ai publié sur cassettes sonores et vidéos. J'ai organisé de nombreuses projections de diapositives, afin de réunir les fonds nécessaires pour la construction d'un monument en mémoire des civils oubliés d'Houffalize. Ma maman est une des rescapées des bombardements.
Je ne pouvais pas passer sous silence cette lettre injurieuse alors qu'une centaine de spectateurs me harcelait de questions afin de découvrir la raison pour laquelle les artistes avaient, au levé de rideau, annoncé en public qu'ils n'étaient ni des putes, ni des travelos. C'était inattendu et le contenu de cette lettre a choqué au plus haut point le public et les personnalités présentes.
Monsieur Yves LARDIN, Président-Fondateur de l'asbl MH PRODUCTIONS et Administrateur de l'asbl FRATERNELLE ROYALE DE L'ARMÉE SECRÈTE de Seraing, Flémalle et environ, présidée par son père Monsieur Marcel LARDIN, ancien Résistant et sous-Officier, créée en 1945 en hommage à son propre père, le sieur Marcel LARDIN, chef du réseau de l'armée secrète de Seraing, Flémalle et environs pendant la seconde guerre mondiale, qui lui aussi a été arrêté et torturé avant d'être fusillés par les nazis en 1944 et dont Sa Majesté le Roi Albert II a inauguré le monument érigé en son honneur dans sa Ville natale de Seraing en 1994. De même que les artistes ont été profondément choqués et offensés par le contenu intolérable, injurieux et homophobe de cette lettre indigne de scientifiques, dits de réputation mondiale. Il faut savoir que les artistes de réputation irréprochable, ont présenté presque 30 heures d'animation et de spectacle, et ce, pour sauver un outil de secours important pour nos Ardennes.
Vous comprendrez pourquoi, il m'était impossible de passer sous silence cette affaire devenue publique malgré moi.Pourquoi cette lettre est-elle devenue une affaire publique ?
Dans la matinée du jeudi, lors du montage du matériel de sonorisation et d'éclairage et de l'aménagement de la salle omnisports de Houffalize, Monsieur Yves LARDIN a dû être le témoin involontaire d'une conversation entre un client et moi-même concernant cette lettre.
Je reçu de la part de Monsieur Yves LARDIN le samedi matin un sms qui me fit savoir qu'il était désolé qu'Ardennes Magazine ai perdu un client à cause de son programme.
Je ne compris pas immédiatement le sens de son sms et lors de notre rencontre dans la matinée de ce même samedi, je lui demandai une explication sur le sens de son sms. Il me dit alors, qu'il avait par hasard entendu ma conversation avec mon client. Et qu'il était attristé du fait de perdre un client, mais également profondément choqué par les propos homophobes et injurieux contenus dans le courrier écrit et signé par Madame Francine DELVAUX.

Il faut savoir que Monsieur Yves LARDIN et ses techniciens se sont rendu plus d'une demi-douzaine de fois à Houffalize soit à des réunions de préparations ou pour organiser le travail à effectuer. Il n'a jamais compter les heures et les kilomètres parcourus et c'est à ce titre de dévouement que j'ai peut-être commis l'erreur de lui donner une photocopie de la lettre écrite et signée par Madame Francine DELVAUX.
J'ai aujourd'hui conscience que cette lettre aurait dû rester privée, mais, Monsieur Yves LARDIN la rendue publique au début du spectacle du samedi 20 septembre 2003.
Monsieur Yves LARDIN a rendu cette lettre publique parce qu'il se devait d'être ce qu'il est, c'est à dire, franc envers les artistes qui se sont produits durant presque 30 heures pour assurer un maximum de bénéfice au profit de la survie de l'hélicoptère de Bras-sur-Lienne.
Le public a découvert un homme sensible, profondément choqué et tellement outragé par les propos injurieux et intolérables tenus, écrits et signés par Madame Francine DELVAUX qu'il fit la lecture d'un passage de la-dite lettre, je cite ses propos :
“avant de commencer ce spectacle transformiste, je me dois d'être correct avec les artistes... j'ai pris connaissance par un pur hasard, d'un courrier reçu par la rédaction du journal Ardennes Magazine il y a quelques semaines... ce courrier est signé par une dame d'Aywaille...
et j'aimerais simplement dire en réponse à cette personne que "MES" artistes sont loin d'être (à ce moment Monsieur Yves LARDIN est pris par l'émotion et bafouille nerveusement et me demande de l'excuser, mais, qu'il ne peux faire autrement par respect pour ses artistes) Madame, les artistes qui se sont produit hier soir sur cette même scène, ceux qui se sont produits durant cet après-midi à l'extérieur et ceux qui vont se produirent ce soir, sont loin... mais, très loin d'être "des travelos, des putes et des sportifs" et comparés ceux-ci, moins bien que des animaux est intolérable et discriminatoire à notre époque.”
fin de citation.

Et c'est la réaction révoltée du public et des personnalités présentes dans la salle qui va obliger, Monsieur Yves LARDIN à révéler le nom de Madame Francine DELVAUX. Propos privés rendus publics
Il est libre à Madame Francine DELVAUX, Monsieur Jean-Marie DANZE, à leurs collaborateurs, à leurs clients ou à quiconque de penser ce qu'ils veulent, nous sommes dans en pays ou l'opinion des gens est libre.
Mais, faire part de ses opinions, quel qu'il soit, à l'attention d'un média, c'est s'exposer à ce que ces mêmes propos soient rendus publics.Le Président-Fondateur, Monsieur Yves LARDIN lui-même malade d'un cancer, est concerné par cette aide humanitaire. Il est sensibilisé par les problèmes financiers de cet hélicoptère, que son asbl qui aide des enfants handicapés est confrontée aux mêmes problèmes.
La totalité des bénéfices a été versée à l'asbl "Spirit of St Luc".

Jean-Marie LESAGE,
Éditeur responsable et Rédacteur en Chef.


 

Lien vers le courrier des lecteurs de juin 2003