cinéma par Jean-Phi
Quatre films encore à l’affiche à ne pas rater


?Ce mois-ci, nous avons choisi de vous parler de quatre films encore à l’affiche à ne pas rater. Nous nous pencherons d’abord sur “Quand j’étais chanteur”, film français sorti il y a peu sur nos écrans. Nous évoquerons ensuite deux films d’horreur de qualité : la réalisation française “Ils” et le métrage anglais “Isolation”. Enfin, nous nous pencherons sur un film qui est, au même titre que “Ils”, basé sur un fait divers : “Meurtrières”, drame que Maurice Pialat a tenté de réaliser, sans succès, pendant trente ans.

Excellent - Quand j'étais chanteur, comédie dramatique/romance de Xavier Giannoli. Avec Gérard Depardieu, Cécile de France et Mathieu Amalric.

Cela faisait longtemps que nous n'avions pas eu le plaisir de voir un Gérard Depardieu aussi touchant et émouvant. Il ne fait aucun doute que notre Cécile de France nationale, spontanée comme jamais, est pour beaucoup dans la très belle interprétation que livre Depardieu dans Quand j'étais chanteur. Fils d'un père journaliste (il tire peut-être là ses qualités d’observateur du vivant), Xavier Giannoli réussit brillamment son pari consistant à révéler toute l'humanité et la générosité d'un chanteur de bal sans prétention.

cinema

Cécile de France et Gérard Depardieu forment un duo pour le moins atypique

Bercé par la musique dès sa plus tendre enfance, le réalisateur des “Corps impatients” et d' “Une aventure” (deux films dans lesquels il dirigeait son acteur fétiche, Nicolas Duvauchelle) avait depuis longtemps envie de réaliser un film dont la musique ne serait pas un simple complément à l’oeuvre cinématographique mais envelopperait la réalisation dans son ensemble. La musique, parlons-en, est un des grands atouts du film, avec l'interprétation irréprochable du trio de rêve choisi par Giannoli, composé de Gérard Depardieu et de Cécile de France donc, mais aussi de Mathieu Amalric, lauréat du César du meilleur acteur voici un an pour son interprétation d'Ismaël Vuillard dans le film “Rois et reine”, de Desplechin. Signalons enfin que Depardieu propose plus qu’un jeu de qualité puisqu’il nous fait également découvrir ses talents de chanteur !

Depardieu

Depardieu pousse la chansonnette avec beaucoup de talent dans “Quand j’étais chanteur”.

 

Très bon – “Ils”, thriller horrifique français de Xavier Palud et David Moreau. Avec Olivia Bonamy et Michaël Cohen.

Depuis “Haute tension”, le cinéma français ne nous avait plus offert un film qui prend autant le spectateur aux tripes. Les utilisateurs font interpréter à Olivia Bonamy et Michaël Cohen des rôles à contre-emploi de ceux qu'ils avaient joués jusque-là. Et ça marche ! Moins en raison de leur jeu, qui n’a rien d’exceptionnel, que grâce au travail de l'ingénieur du son et du monteur du film. Les réalisateurs de ce film parviennent à convaincre les spectateurs, une fois sortis de la salle, du message figurant sur l'affiche du film : « vous ne vous sentirez plus jamais en sécurité chez vous... ». Comme souvent, le film est « inspiré de faits réels », ce qui est d'autant plus flippant une fois qu'on a vu ce thriller horrifique de qualité et que l’on sait que le film est très fidèle au fait divers qui l’a inspiré.

 

Olivia Bonamy

?Ils vont transformer en cauchemar
la vie de Clémentine (Olivia Bonamy), jusque-là si paisible

 

 

 

Selon les réalisateurs du film (Xavier Palud et David Moreau), « une imagination bien stimulée engendre beaucoup plus de frayeur que tous les monstres gluants ou les têtes sanguinolentes décapitées qu'on pourra montrer » (concept qui peut quand même s'avérer efficace ; nous en voulons pour preuve, dans une certaine mesure, le film Isolation, dont nous parlons ci-après).
Bon – “Isolation”, film d'horreur irlando-britannique de Billy O'Brien. Avec John Lynch, Essie Davis, Ruth Negga, Sean Harris et Marcel Iures.

Roumanie

?”Ils” décrit avec brio la descente
aux enfers d’un couple de Français expatrié en Roumanie.

Au milieu d'une nuit d'hiver dans la campagne irlandaise, un fermier attend que l'une de ses vaches mette bas. Le calvaire de l'animal lui pèse d'autant plus qu'il a passé un accord avec un laboratoire biologique pour sortir son exploitation des dettes et a autorisé des chercheurs à faire des expériences sur son bétail. Tel est le pitch du dernier film d’horreur que nous sert le cinéma britannique. On se souviendra, dans la même veine, du récent et génial “The Descent” de Neil Marshall (présenté lors de la dernière édition du Festival du film fantastique de Bruxelles).
Mais revenons à “Isolation”. Billy O’Brien a remporté cette année avec ce film deux Prix majeurs au Festival du film fantastique de Gerardmer : le Grand Prix et le Prix de la critique internationale. Film de genre très dépouillé, “Isolation” a pu bénéficier du travail d’un maquilleur de renommée internationale, à savoir Bob Keen (à qui on doit notamment les maquillages du film horrifique Hellraiser, une référence du genre). Rien d’étonnant à ce qu’un des maîtres de l’horreur (Hideo Nakata) voit dans le film de O’Brien une expérience unique suscitant peur et angoisse.

“Isolation

?Le traitement des couleurs d' “Isolation” transforme
une simple exploitation agricole en un lieu pour
le moins inquiétant

there will be bloo
Oh yes… there will be blood!

Bon - “Meurtrières”, drame français de Patrick Grandperret. Avec Hande Kodja et Céline Sallette.

Prix du Président du jury en Sélection officielle au Festival de Cannes en 2006, dans le cadre de la section “Un certain regard”.

Si c’est Maurice Pialat (décédé en janvier 2003) qui est à l’origine du film “Meurtrières” – c’est d’ailleurs à lui que le film est dédié -, c’est finalement Patrick Grandperret, son premier assistant réalisateur sur “Passe ton bac d’abord” qui a mené ce projet à bien, comme le souhaitait la veuve du réalisateur de “Sous le soleil de satan”. Road-movie virevoltant, “Meurtrières” bénéficie d’une réalisation sobre et intelligente qui permet au spectateur de s'identifier pleinement aux deux personnages principaux, une véritable gageure tant ces deux adolescentes ont un destin pour le moins particulier. Pour incarner celles-ci, Grandperret a jeté son dévolu sur deux jeunes actrices relativement convaincantes. “Meurtrières” signe la première apparition à l’écran de la comédienne belge Hande Kodja (Nina) et la troisième de Céline Sallette (Lizzy), qui tenait un petit rôle dans le dernier film de Sofia Coppola. L’alchimie existant à l’écran entre les deux jeunes femmes n’a rien d’étonnant quand on sait qu’elles se sont côtoyées au conservatoire de Paris.

Quelque part, on peut établir un parallèle avec le film “Elephant” de Gus van Sant, qui raconte l'histoire de deux jeunes hommes qui se sentent incompris et rejetés, et qui font soudain irruption dans leur école pour abattre tout le monde. Si la donne des deux films n'est pas la même, ils touchent néanmoins à la même problématique : des jeunes d'aujourd'hui qui doivent trouver leur place dans la société et qui doivent découvrir où ils veulent aller. Ce film n’est malheureusement plus projeté qu’au cinéma bruxellois l’Aremberg. Foncez donc le voir dans notre capitale.

Bons films
jeanphi111@yahoo.com




Photos & reportage : Jean-Phi
jeanphi111@yahoo.com
4 octobre 2006

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