cinéma par Jean-Phi
Bilan du 24e BIFFF


Avant de visionner un maximum de films, nous avons assisté au 19e International Body Painting Contest, dont le défilé avait lieu le samedi 11 mars à l’Auditorium du Passage 44, après trois heures de préparation. Bien nous en a pris tant les différents modèles étaient sublimés par les artistes auxquels ils avaient accepté de prêté leur corps l’espace de quelques heures. Le jury a attribué le Golden Trophy à « Carnivora », du Belge François Rose. Le Silver Trophy est venu récompenser « La diablesse de corail », de la Hollandaise Monique Penning, tandis que le Bronze Trophy a été décerné à « The Self-Destructing Creature of Fancy », de l’Allemande Gabi Von Der Linnepe. Enfin, le Prix du public a été remis à la Belge Houyam Hajlaoui pour « Métamorphose d’une femme en papillon ».


« Adam’s Apples », grand gagnant du Festival
Les organisateurs l’avaient annoncé avant le Festival : le cinéma scandinave a la cote.

C’est peu dire lorsqu’on jette un coup d’œil au palmarès de la 24e édition du Festival du film fantastique de Bruxelles puisque le Corbeau d’Or (Grand Prix du Festival), le Méliès d’Argent (Meilleur film fantastique européen) et le Pégase (Prix du public) ont pour la première fois été décernés à un seul et même film : « Adam’s Apples », 3e long métrage du Danois Anders Thomas Jensen. Le film narre la confrontation entre un néo-nazi convaincu d’être la réincarnation du Mal et un pasteur qui conçoit les contrariétés qu’il rencontre comme autant de tests divins.


« Homecoming », de Joe Dante, a reçu une mention spéciale du jury

Présidé par Michael Ironside, le jury international composé de Philippe Nahon, Rob Schmidt et Matthew Robbins a remis ses Corbeaux d’Argent (Prix spéciaux du jury) à Alma Casal et Juan Serano pour la création originale du monstre de « Charlotte » dans « Fragiles », de Jaume Balaguero, et à « Storm » de Mans Marlind et Bjorn Stein pour la technique des réalisateurs et la qualité du jeu des acteurs du film. Une mention spéciale a également été décernée à « Homecoming » de Joe Dante, un des épisodes de la série des « Masters of Horror », notamment pour le message qu’il faisait passer contre la politique de George Bush en Irak.


« Silentium » ou une irrévérence toute autrichienne

Les films que nous avons visionné lors du Festival peuvent être divisés en quatre groupes : les films issus d’Europe continentale (« Silentium », « Antikorper », « El habitante incierto », « Fragiles » et « The Room »), ceux réalisés au Royaume-Uni (« The Descent », « Brothers of the Head », « Wilderness » et « Lie Still »), les films américains (« Shadow Dead Riot », « Nightmare », « Neighbourhood Watch », « Reeker » et « Headspace ») et enfin, les films asiatiques (« Antarctic Journal » et « Starfish Hotel »).
Deux films en allemand nous ont particulièrement séduit : « Silentium », thriller irrévérencieux de l’Autrichien Wolfgang Nurnberger et « Antikorper » (« Antibodies »), thriller haletant et diablement efficace de l’Allemand Christian Alvart. L’Espagne ne nous a pas vraiment ravi avec les deux films qu’elle nous a donnés à voir : « El habitante incierto » (« The Uncertain Guest »), de Guillem Morales, qui, s’il ne convainc pas, bénéficie malgré tout d’une mise en scène intéressante, et le très conventionnel « Fragiles » (« Fragile »), de Jaume Balaguero. Dernier film de ce groupe, « The Room », du Belge Giles Daoust est un bel hommage à Kubrick et l’occasion de retrouver Pascal Duquenne dix ans après « Le 8e jour » ainsi que Philippe Résimont, dont l’interprétation d’un père psychopate est pour le moins impressionnante.


Le thriller fantastique belge « The Room », avec Pascal Duquenne dans le rôle principal

Quant au cinéma britannique, force est de reconnaître qu’il pète la forme. À l’exception du très particulier « Brothers of the Head », documentaire de Keith Fulton et Louis Pepe sur un groupe de rock emmené par deux frères siamois attachés par le foie, nous ne pouvons que tirer un grand coup de chapeau aux films britanniques programmés par le Festival : « The Descent », de Neil Marshall, « Wilderness », de Michael J. Basset et « Lie Still », de Sean Hogan. Programmé en compétition internationale, « The Descent » - film de monstres au casting exclusivement féminin – est sorti sur nos écrans pendant le Festival et nous vous invitons chaudement à ne pas le rater si vous êtes amateur de frissons. Avec « Wilderness », Michael J. Bassett réalise un film bien balancé dont les jeunes acteurs livrent une prestation quatre étoiles. Enfin, l’atmosphérique « Lie Still », de Sean Hogan, réussit à troubler le spectateur grâce au très bon jeu de Stuart Laing et à une mise en scène intelligente.


« Wilderness » nous a particulièrement séduit

Malgré le navet « Shadow Dead Riot » de Derek Wan, les États-Unis sont parvenus à nous réjouir avec « Nightmare », film frustrant au possible dont la réalisation courageuse est signée Dylan Bank, « Neighbourhood Watch », métrage légèrement gore mais bien gerbant de Graeme Whifler et « Reeker », film bien construit et au final terrible de Dave Payne. Enfin, « Headspace » recèle selon nous de beaucoup d’éléments intéressants bien que non suffisamment exploités par son réalisateur, le jeune Andrew Van Den Houten, mix entre Jim Carrey et Quentin Tarantino.


« Neighbourhood Watch » ou comment rire et vomir en même temps

L’Asie ne nous a finalement pas passionné avec les deux film que nous avons eu l’occasion de voir : « Starfish Hotel », film japonais bien trop lent du Gallois John Williams, et « Antarctic Journal », du Sud-Coréen Pil-Sung Yim.

Bons films !
Jean-Phi
jeanphi111@yahoo.com


Photos & reportage : Jean-Phi
jeanphi111@yahoo.com
1 avril 2006

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