| Le ras-le-bol d'un agriculteur
convaincu.
Pour qui nous prend-on ? Des sadiques ? Des bourreaux ?
Evidemment, les images de Gaia et d'Animaux en péril diffusées
par les médias donnent matière à réfléchir
Pourtant, étant moi-même éleveur de bovins, je suis
persuadé que ces images ne reflètent pas la réalité.
L'objectif de notre métier n'est pas de maltraiter nos animaux
ni d'apprécier leur souffrance et moins encore de mal les alimenter.
NON, NON ET NON!
Mes grands-parents et parents m'ont transmis une autre éducation
et les valeurs que je veux inculquer à mes enfants sont autres
que celles-là.
Nos animaux ne sont pas à l'abri díaccidents tels que patte
cassée, blessures ou maladies diverses ; nous, humains, sommes
obligés de prendre certaines précautions quant à
notre santé alors que chaque année des accidents mortels
ou non surgissent.
Quotidiennement, je vis en harmonie avec mon cheptel.
Mon métier reste mon hobby et je travaille ardument avec toute
ma famille à son bien-être, à son équilibre
alimentaire et à son suivi sanitaire.
Alors, plutôt que de nous traiter de tortionnaire et d'enfoncer
régulièrement le couteau dans la plaie, venez donc voir
nos fermes, nous ne sommes pas un milieu clos
Aidez-nous à revaloriser ce monde agricole en crise !
Notre priorité restera toujours de vous présenter des produits
sains et de première qualité.
Un fermier de Taverneux
Des sous, toujours des petits sous !
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Les fermiers réclament des sous, manifestent leur désarroi
en distribuant des tracts.
Pour soutenir le mouvement des agriculteurs, Ardennes Magazine publie
le contenu díun tract distribué lors de la manifestation
et édité par Ph. Neuville et J. Laixhay.
" Victimes d'une situation dont ils ne sont nullement responsables
les agriculteurs wallons déjà pénalisés
par des hausses de prix de quasi tous leurs intrants ainsi que par
la mauvaise tenue des marchés, et réaffirment que
la viande quíils produisent est parfaitement saine et rigoureusement
contrôlée.
Ils s'opposent à toute importation de viande bovine étrangère
qui ne présenterait pas les mêmes garanties sur le
plan sanitaire.
Ils exigent que les pouvoirs publics prennent rapidement des mesures
pour leur permettre de faire face aux difficultés de trésorerie
qui frappent actuellement les éleveurs.
Ils revendiquent une juste rémunération de leur travail.
"
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Historique du Prix
Au lendemain de la guerre, on a demandé aux fermiers de produire
toujours plus.
LE JUSTE PRIX
Jusquíen 1992, le prix díune bête payé au fermier
était le reflet de sa valeur, cíest à dire son coût
de production et le bénéfice du fermier, ce prix était
régulé par la grande règle économique de líoffre
et de la demande.
prime de compensation
En 1993, la politique agricole européenne décide de changer
les règles, à savoir...
Baisse du prix de la bête au fermier, à un prix tel que le
fermier perd sur son produit, par contre une prime de compensation est
accordée.
Exemple : en 1989 une vache de 60.000 FB est aujourdíhui vendue
35.000 FB plus une prime de 8.000 FB. Total 43.000 FB.
Pour combler ce manque à gagner, le fermier se devait de produire
encore plus, de tenir plus de bêtes. Il est à noter que chaque
année, plus ou moins 3.000 fermiers arrêtent le métier
et laissent la place aux autres.
La solution pour arriver à cette politique de baisse du prix est
de maintenir une forte production pour que líoffre soit supérieur
à la demande, ce qui fait diminuer automatiquement les cours.
Libre échange pour la Paix
Une politique de libre échange síinstalle peu à peu....
Cette politique mondiale est régie par un organisme mondial dénommé
OMC (Organisation Mondiale du Commerce).
Cette nouvelle stratégie a deux buts,
- augmenter le commerce entre les pays, le commerce induit de la richesse
et crée de líemploi.
- ces échanges dans le monde garantissent la Paix mondiale entre
les protagonistes.
PRIX PLUS BAS
Dans ce nouvel ordre mondial il est impératif que les prix des
produits agricoles, lait, viande et céréales soient au plus
bas pour...
- une compétitivité de nos produits à líexportation.
- éviter que líon importe excessivement ces produits hors
CE.
- le prix bas de ces produits agricoles permettent des marges nettement
supérieures dans le domaine de la transformation agro-alimentaire.
Ces prix bas ne profitent pas aux consommateurs.
Depuis 1993 la CEE a instauré des normes díhygiène
essentiellement bactériologiques, telles que les normes HACCP,
CE, ISO 9000 qui obligent le secteur de la transformation díinvestir
dans des ateliers dignes des laboratoires. Ces investissements énormes
font tourner líéconomie, créent de líemploi
et sont souvent réservés à des grands groupes.
Ces investissements augmentent sensiblement les frais de la transformation.
Ce qui justifie que le prix baisse chez le fermier et ne baissera jamais
chez le consommateur.
Il est a noter également que les pollutions ou déchets engendrés
par une production doivent et devront également être pris
en considération dans le prix final pour la dépollution
ou le recyclage des déchets engendrés, et ce pour tous les
secteurs.
Le prochain scandale
La crise de la Vache Folle, ESB, le fermier en est victime, mais les responsables
sont : celui qui a pensé ce système, les experts qui conseillent
le politique qui a autorisé de telles pratiques, líindustrie
agro-alimentaire qui a jonglé avec les températures pour
la fabrication des farines de viande, en somme les apprentis sorciers.
Par contre ce qui est impardonnable, cíest la lenteur de réaction
de nos dirigeants. Personne níest intervenu à temps dans
cette affaire, ni les politiciens, ni les syndicats agricoles.
Les Allemands viennent díinterdire la fabrication et la consommation
de farines de viande dans leurs élevages à partir de septembre
2000. LíAllemagne en matière de ESB est une véritable
bombe à retardement.
Ceci dit, à líheure actuelle, les graisses animales sont
toujours autorisées dans líalimentation de tous les animaux
! ! !
Les antibiotiques dans líalimentation animale sera le prochain
scandale.
On sollicite les agriculteurs pour épandre les boues díépuration
sur leurs terres : ces boues díépuration possèdent
des métaux lourds, prochain scandale alimentaire dans dix ans.
Des sous, rien díautre
La crise de la ESB est une crise économique de la consommation
de viande. Les consommateurs perturbés par la maladie de Kreuz
Feld-Jacob, ont diminué leur consommation de viande, en Belgique
de 27 %, en France de 40 %, en Allemagne de 50 % et en Italie de 80 %.
En Belgique, dans le secteur de la viande, on produit 170 % de la consommation
belge. Les quelques achats que líon fait à líextérieur
nous obligent à vendre une bête sur deux dans la communauté
européenne ou sur le marché mondial.
Actuellement, le prix des animaux destinés à la consommation
belge nía pas baissé. Ce qui justifie le fait que le boucher
achète sa viande toujours au même prix et que le consommateur
ne voit pas de baisse à líétal du boucher.
Par contre les animaux destinés aux autres pays de la Communauté
níont plus de valeur parce quíil níy a plus de demande
et les frontières sont fermées. En outre le marché
de líexportation extra communautaire est complètement perdu.
Il est à noter que cíest un marché de solde.
Les fermiers vivent une crise sans précédent ; par contre
très peu díagriculteurs sont prêts à revoir
leur système díagriculture, ils ne veulent rien changer
dans leur manière de faire, toujours plus de bêtes et toujours
plus de terres. Actuellement ils ont un gros problème de trésorerie
et ce quíils demandent ce sont des sous, rien díautre.
Faillite virtuelle
Cette crise de la ESB est très grave, parce quíelle a pour
effet de perturber le consommateur et est préjudiciable à
líéconomie européenne.
La maladie de la Fièvre Aphteuse est encore plus grave pour le
monde agricole et surtout va grever le budget européen, líéconomie
européenne va en souffrir terriblement. La faillite virtuelle est
proche.
Bonne affaire pour les Américains.
LA FIN DES PRIMES
Malgré tout cela il y a une priorité de la Commission européenne
; cíest líouverture à líEst.
Il est impératif díouvrir aux pays de líEst pour
garantir la Paix en Europe. (dixit plusieurs membres de la Commission).
Cette ouverture risque de coûter très cher au budget, les
moyens seront pris dans les budgets agricoles. Les fermiers, díici
cinq ans, risquent de ne plus percevoir des compensations européennes
ou alors fortement diminuées.
Agriculteurs, Bonne Chance ! ! !
Un agriculteur
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