| Et si on parlait Krach
Boursier.
Les bourses ont connu le krach le plus retentissant de leur histoire.
On a connu des krachs qui se déroulaient en deux ou trois jours,
mais pour celui-ci il s'agit de plusieurs mois.
Tous les spécialistes qui recommandaient d'acheter n'importe quoi,
n'importe où deviennent d'une prudence extrême et déclassent,
dans leurs prévisions, des valeurs qui ont perdu 30, 50 voire 90%
de leur valeur.
Sans aucune gêne, ils peuvent affirmer qu'il n'est pas temps d'acheter
Fortis à 15euros, alors qu'ils conseillaient d'acheter Palm à
100$ dont le cours est tombé à environ 0,85$.
Comment expliquer que ces spécialistes sont toujours, d'abord lus,
ce qui n'est pas grave, mais aussi écoutés, ce qui est étonnant.
Tout le monde peut se tromper et personne ne possède la boule de
cristal magique qui fait les gagnants.
Il y a cependant des gagnants, qui sont-ils ? La réponse coule
de source, les mécènes qui vous fournissent les titres quand
vous achetez très haut et les mêmes qui vous débarrassent
lorsque la panique s'est emparée du marché.
Que dirait Monsieur Toulemonde, ils doivent être illettrés
et ne savent pas lire les bons conseils des spécialistes ! L'intelligence
doit leur faire défaut car il font le contraire de ce qui est écrit
et conseillé par les revues spécialisées et les experts
les plus avisés.
Où va les mener un tel comportement? L'illusion est totale : d'une
part, à faire peurve d'humanité en permettant que les transactions
aient lieu en achetant les titres bradés aux petits investisseurs
qui n'en espéraient pas autant, heureux ainsi de limiter les dégâts;
d'autre part à poursuivre leur oeuvre car ils seront là
pour alimenter le marché, lorsque les conseillers, les mêmes
que "d'avant le krach" estimeront qu'il est temps d'acheter,
à des prix beaucoup plus élevés évidemment,
les petits investisseurs se bousculeront alors pour faire monter les cours
encore plus haut.
Vous ne voulez pas être illettrés parfois, idiots souvent
? Moi si....
Vous avez dit Krach Boursier ?
Les marchés boursiers découragent les investisseurs car
ils n'arrivent pas à sortir de leur spirale baissière qui
durent déjà depuis plusieurs mois. Même les plus pessimistes
n'avaient pas envisagé ce scénario. Ils pensaient que, après
la bulle spéculative que nous avons connue en 1998, les marchés
allaient retrouver des cours plus raisonnables.
Mais s'il y a eu excès de hausse, il était à craindre
qu'il y ait excès de baisse et c'est ce qui s'est passé.
L'excès de baisse, cependant, concerne les bonnes valeurs qui ont
été bradées et qui continuent à l'être,
par les investisseurs gagnés par la panique ambiante. Mais, cet
excès ne concerne pas certaines valeurs qui, même au cours
actuels, sont beaucoup trop chères puisqu'elles ne valent plus
rien ! Il y en a beaucoup qui vont disparaître comme par exemple
Excite At Home qu'on présentait comme le fleuron de l'internet
et qui était conseillée à 60$ avec un objectif interstellaire.
Et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres, comme on dit vulgairement
: "il n'y a qu'à se baisser pour en trouver".
Il ne s'agit pas ici d'être contre le progrès, mais au fil
des années, le scénario reste identique : lorsqu'une nouvelle
activité voit le jour dans le monde, il se crée un peu partout
des sociétés et le marché paraît sans limite.
L'investisseur se retrouve devant un choix immense, il est sollicité
de toutes parts par ces nouvelles sociétés qui ont besoin
de moyens. Vivant d'autre part, dans sa vie quotidienne, le développement
de nouveaux concepts, il oublie les limites du marché et
pense que tout est bon, du moment que cela concerne les nouveaux produits.
C'est un leurre, même si certaines sociétés deviendront
des fleurons de la bourse, comme IBM en son temps, les mauvaises disparaîtront
et le processus est déjà enclenché depuis pas mal
de temps. Que ce soit Internet, les téléphones portables
ou les ordinateurs, il n'y a rien à faire, il faut se partager
les acheteurs et c'est une catastrophe si on est trop nombreux pour le
faire. La loi du marché est dure, mais c'est la loi.
Les autres valeurs, qui avaient déjà fait leurs preuves,
qui ont de grands moyens et une bonne structure financière ont
"trinqué" et c'est vers celles-là qu'il faut se
tourner sans l'ombre d'une hésitation. Les cours boursiers sont
maintenant en-dessous de la valeur comptable et on peut voir des rapports
cours/bénéfices qui auraient fait rêver, il y a quatre
ou cinq ans (10/1 pour Fortis par exemple).
Il est temps de prendre le train, d'autant que les dividendes, peu élevés
par rapport aux cours que nous avons connus, deviennent un attrait supplémentaire
dans cette période où il est difficile de trouver des obligations
sans risque à des taux dépassant 4%.
Pour conclure, il est évident que la hausse est inéluctable,
comme la baisse l'a été.
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