L'argent autrement par Picsou

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Les actions : matière première de la bourse

La bourse fascine tant de gens et qui, quoiqu'on en dise, présente toujours une connotation d'aventures et de drames : « Mon grand-père s'est ruiné avec des actions du Congo... » « Mon oncle a fait fortune avec des Microsoft... »
Qui n'a pas entendu ce genre de phrases dont le paradoxe est que, toutes les deux pourtant opposées, éloignent le bon père de famille de la Bourse et des actions.

La première, par le drame de la ruine et de ses conséquences, la seconde, par le côté aventureux des risques qu'il a fallu prendre pour arriver à ce résultat.

Il n'y aurait donc qu'une alternative en Bourse, la ruine ou la fortune ?
La réponse est non, on peut très bien investir en Bourse en tirant un profit raisonnable et en évitant les mésaventures du grand-père. Quant à la fortune de l'oncle, on peut y croire, cela peut arriver... le hasard fait si bien les choses, mais le hasard existe-t-il ?

Avant de parler du marché proprement dit, commençons par la matière première de la Bourse, la principale : les actions. Sujet très vaste, les spécialistes le savent, depuis la matérialisation des actions, en passant par les différents types, jusqu'aux paniers et marchés nationaux et internationaux. Des revues spécialisées, qui souvent manipulent les marchés, existent pour parler de cette matière en conseils et orientations de vos économies ou de votre patrimoine.

Posséder une action qu'est-ce que c'est ?

C'est posséder une partie de la société concernée. Cette société ne vous doit rien en tant qu'actionnaires, vous n'êtes pas du tout créanciers, ce qui signifie que rien ne vous garanti le remboursement de votre investissement. Vous participez au capital de la société pas aux dettes. La valeur intrinsèque de votre avoir (indépendamment du cours de la Bourse) correspond pour sa partie, à ce que la société possède moins ce quíelle doit. Simple direz-vous, il suffit que je prenne le bilan de la société en question, un petit calcul et me voilà renseigné. En théorie c'est exact, mais on aura vite compris qu'il est de plus en plus difficile de se livrer à cette investigation. Les « professionnels » eux-mêmes s'y perdent et il n'est pas rare de voir deux journaux spécialisés donner une valeur différente pour la même action (valeur intrinsèque s'entend). Sans entrer dans trop de détails, voici un exemple, une société A, outre ses avoirs d'activité, possède des actions de la société B, qui elle-même possède des actions de la société C : combien vaut chacune des actions ? De plus l'envie de calculer cette valeur peut vous prendre n'importe quand : existe-t-il des bilans à la minute ? Le prix que je paie est-il le bon prix par rapport à la « vraie » valeur ?

Du point de vue technique

L'action se présente en deux parties, le manteau (le capital investi) et les coupons (le rendement annuel). Les coupons donnent droit à un dividende qui est fonction des résultats financiers de la société concernée. Il est inutile de préciser que la valeur du manteau n'est pas figée et que les coupons ne sont pas valorisés, le rendement n'est ni garanti, ni connu d'avance, c'est du capital à risque. On dit que l'action est au porteur, elle a un caractère anonyme. Dans certains cas, l'action níest pas matérialisée, elle est seulement nominative et par conséquent perd son caractère anonyme, c'est le cas pour certains titres étrangers.

Est-ce que ces explications signifient qu'il faut se décourager et qu'en fin de compte on ne peut rien vérifier sérieusement ?

La réponse est évidemment non. Le principe, on l'aura compris, pour se lancer dans le capital à risque, deux précautions valent mieux qu'une et il faut s'entourer de tous les garde-fous possibles. Il faut se renseigner et ne pas se contenter d'un seul avis, voire d'un simple article lu - ou commenté ? en vitesse. Pour les sociétés importantes, il existe un système de rating que l'on trouve dans la presse spécialisée ou dans les organismes financiers et la classification des sociétés permet de savoir si on se trouve devant une action du type stable ou spéculatif dans la conjoncture économique du moment. Il ne faut pas non plus, entrer dans les clichés du genre : à bef 1.000, le titre est donné, il vient de bef 2.000. C'est peut-être vrai, c'est peut-être faux.

Que veut dire cher ou bon marché dans ce domaine ?

Ce n'est qu'un exemple, mais on peut se demander ce qui a conduit un titre de bef 2.000 à baisser de moitié. Les réponses peuvent être nombreuses : mauvaises affaires, mauvaises nouvelles, baisse du bénéfice, mauvais secteur, baisse générale, valeur surfaite et bien d'autres raisons encore qui n'ont parfois rien à voir avec la valeur réelle de l'action. Suivant les réponses (dont la liste n'est pas limitative) bef 1.000, c'est cher ou bon marché. On peut prendre un exemple contraire : cette action Y vaut 2.000 et elle vient de 1.000, c'est trop cher ! Le raisonnement est identique : ici, la question est de savoir ce qui a poussé l'action vers le haut. Il y a aussi beaucoup de possibilités : affaires florissantes, hausse du bénéfice, secteur porteur, bonnes nouvelles, sous évaluation etc...

Cher ? Bon marché ?

Il y a de bonnes actions et rassurez-vous, beaucoup plus que de mauvaises. Mais par les temps qui courent, ce qui est bon aujourdíhui, peut être mauvais demain et vice-versa. La vigilance est de rigueur. Nous avons dit « vigilance » et non « panique ». Mon propos est la recherche de la vérité et de la confiance de manière positive. L'analyse ne doit jamais chasser l'optimisme ni l'humour. Aussi longtemps que vous possédez l'action, vous n'avez ni perdu, ni gagné, il suffit de choisir le bon moment, être lucide ne veut pas dire être pessimiste, loin de là.

Le placement en actions, est-il un bon placement ?

La lucidité, voire le simple bon sens, nous montre que le monde économique est fait de sociétés dans tous les secteurs. Si certaines font de mauvaises affaires et tombent en faillite, convenons que cela níest pas la majorité. En réfléchissant quelque peu, nous pouvons déjà dire que si nous choisissons judicieusement nos actions, en diversifiant quelque peu, nous pourrons participer à la croissance même si, de temps à autre, nous avons mal choisi.
L'optimisme conscient, cíest cela : en considérant un panier diversifié de bonnes actions et en laissant le temps au temps, ce type de placement prend le pas sur tous les autres (sans considérer bien entendu que les autres sont mauvais). Il ne saurait en être autrement, puisque les sociétés sont le reflet de la vie qui dans tous les domaines, reprend toujours le dessus.
Dans l'exemple du panier diversifié, il existe des choix définis par les spécialistes c'est le cas du BEL20 qui regroupe une sélection de 20 actions belges sélectionnées dans des secteurs économiques différents et de premier plan, on peut considérer dans ce cas quíon ne touche pas au placement. Les spécialistes ou les passionnés parleront de portefeuille dynamique pour améliorer la surveillance en faisant travailler le portefeuille au fil des années, mais là, ne glisserait-on pas doucement vers la Bourse ? Il me semble que oui, mais la Bourse, c'est une autre histoire ? comme dirait Kipling ? que j'aborderai dans un prochain article, pour l'heure, j'ai fait ma BA ma Bonne ... ACTION.