Un rêve de pierre: sculptures et pierres sonores
d'Arthur Schneiter
Sculpteur, musicien - percussionniste, dessinateur et photographe.
du 20 septembre au 18 novembre 2007
MAMAC - Liège



video 08

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Arthur Schneiter
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Du 20 septembre au 18 novembre 2007,
le Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain de Liège (MAMAC), présente une exposition consacrée au sculpteur suisse Arthur Schneiter. A cette occasion, le MAMAC organise plusieurs concerts de sculptures en pierre sonores et de lithophones (instruments en pierre sculptée).


Arthur Schneiter (1951, Suisse) est sculpteur, dessinateur et musicien. Depuis une trentaine d’années, il axe ses recherches sur la forme et la sonorité des pierres, là où la forme et le son en se rencontrant génèrent des sensations nouvelles. Sous la forme d’expositions et de concerts, il fait résonner ses sculptures en pierre et propose au public une expérimentation auditive et sensorielle étonnante évoquant des sons originels.
Après avoir présenté cet été ses sculptures et pierres sonores en Allemagne (Merzig, Museum Schloss Fellenberg, du 24/04 au 29/06/2007), en France (Metz, Eglise des Trinitaires, concert le 26 juillet) et au Grand-Duché du Luxembourg (Luxembourg-ville, Abbaye de Neumünster, Centre Culturel de rencontre CCRN, du 29/06 au 02/09/2007) le sculpteur et musicien suisse exposera celles-ci en Belgique, au MAMAC à Liège, à l’initiative de 2 plasticiens liégeois Tony Di Napoli (musicien, sculpteur et créateur de lithophones) et Florence Fréson (sculpteur de pierre et historienne de l’art) dans le cadre de la manifestation « Un rêve de pierre ».
L’exposition de Liège - placée sous le commissariat de Françoise Safin (Conservatrice du MAMAC) et de Florence Fréson - est enrichie de nouvelles oeuvres plus monumentales, elle réunit une vingtaine de sculptures. Plusieurs concerts de musique de pierres d’Arthur Schneiter mais également de musiciens suisses (Ernst Brunner et Ursula Amsler) et belges (Tony Di Napoli et Paula Defresne) sont programmés entre le 20 septembre et le 18 novembre au MAMAC ainsi qu’à L’An Vert (rue Mathieu Polain) à Liège.


INFORMATIONS PRATIQUES
Musée d'Art moderne et d'Art contemporain de la Ville de Liège (MAMAC)
Parc de la Boverie 3 - 4020 Liège (Belgique)
Tél : +32 (0) 4 343 04 03 - Fax : +32 (0) 4 344 19 07
E-mail : mamac@skynet.be / Site Internet : www.mamac.be

Ou Office du Tourisme de la Ville de Liège
Feronstrée 92 à 4000 Liège
Tél. +32 (0) 221 92 21 / E-mail : office.tourisme@liege.be

Jours et heures d’ouverture
Du 20 septembre au 18 novembre 2007. Du mardi au samedi, de 13h à 18h. Le dimanche, de 11h à 16h30. Fermé le lundi et les 1, 2 et 11 novembre.
Prix d’entrée : 3,8 ?. / groupes et seniors 2,5 ?. / gratuit pour les moins de 12 ans.
Visites guidées sur réservation. Concerts et conférence : 5 ? .

Visites guidées par Artefact
Info et réservation : +32 (0)4 366 56 04

Ateliers pour enfants
Info et réservation : +32 (0)4 342 70 44

Site de l’artiste : www.arthurschneiter.ch
photos : Florence Fréson & Jean-Marie Lesage


Programme des concerts et activités programmées au Mamac :

Jeudi 20/09 à 18h30 concert-démonstration musique de pierre par Arthur Schneiter à 19h vernissage de l’exposition

vendredi 21/09 à 20h
concert Bergfahrt
(composition pour 5 pierres sonores, 1998)
Ernst Brunner (composition et percussion),
Arthur Schneiter (percussion)
Ursula Amsler (voix)
suivi d’ improvisations

jeudi 11/10 à 20h concert Du souffle et des pierres
Tony Di Napoli (lithophones)
Paula Defresne (composition et clarinettes)
parrainé par Pierres et Marbres de Wallonie

samedi 20/10 après-midi :
Place aux enfants atelier animation autour des pierres sonores

 

jeudi 25/10 à 20h
conférence Mémoires de pierres… par Tony Di Napoli

dimanche 18/11 à 15h00
Rencontres…à 17h. concert de clôture : Rencontre de différentes pierres sonores.
Arthur Schneiter et Tony Di Napoli

 

Au cours de l’exposition, diverses animations en collaboration avec le Conservatoire et les Jeunesses musicales de Liège. Mais aussi à L’An Vert, rue Mathieu Polain, à Liège

samedi 22/09 à 20h30
concert Rencontre de différentes pierres sonores
Arthur Schneiter et Tony Di Napoli
Paula Defresne (clarinettes)

Sculptures et pierres sonores
Arthur Schneiter

Une exposition qui ramène l’originellité, la découverte et l’étonnement au centre de votre présent, qui attire l’attention sur d’inattendues sollicitations du sens et des sens.

C’est donc à une expérimentation auditive peu fréquente que nous vous convions en accueillant une exposition de sculptures et pierres sonores d’Arthur Schneiter - artiste suisse- dont un des axes de recherche fondamental est la qualité de résonance des pierres utilisées.

Nous vous invitons là où la forme et le son en se rencontrant génèrent des sensations nouvelles ; au moment où arts plastiques et musique, se fécondant sans se réduire, entrevoient des champs d’investigation de réflexions autres ; en cet espace-temps où la synesthésie ouvre à de nouveaux territoires de la conscience.

Arthur Schneiter
Sculpteur, musicien - percussionniste, dessinateur et photographe.

Arthur Schneiter est né en Suisse en 1951 à Frauenfeld, il vit et travaille aujourd’hui dans son atelier à Schönenberg an der Thur.

De 1968 à 1972, il suit une formation de sculpteur de pierre et, depuis 1978, est établit comme sculpteur indépendant. A partir de 1981, à l'incitation d’Ulrich Gasser, il se consacre à l’étude et la création de pierres sonores (sculptures et installations). En 1991, il a reçu la Bourse d'art helvétique, et du Canton de la Thurgovie : une contribution de production en 2003 et le Prix culturel en 2006. Depuis le début des années 80, il a exposé et donné des concerts en Suisse, Allemagne, France, Pologne et aux Pays-Bas, et a obtenu de nombreuses commandes publiques.

Ses enregistrements de musique de pierres sont le fruit de différentes collaborations avec des compositeurs - comme Ulrich Gasser, puis Fritz Hauser et Ernst Brunner, entre autres ; ou encore résultent de rencontres avec d’autres musiciens.

Arthur Schneiter réalise généralement ses pierres sonores en réponse à des demandes de sonorités particulières de la part des compositeurs.
Chaque pierre, selon ses spécificités géologiques, possède des qualités de résonance différentes : la dolérite (roche basaltique de Suède) ne conduit pas le son comme la serpentine (extraite dans le nord de l’Italie) ou le petit granit belge. L’artiste va choisir la pierre en fonction du timbre recherché pour ensuite se laisse guider par la matière. Il réalise alors des instruments « sculpturaux », reflets de ses recherches esthétiques.

Ses expositions et concerts tentent de rapprocher musique et arts plastiques et nous invitent là où la forme et le son en se rencontrant génèrent des sensations nouvelles. Les sculptures et pierres sonores peuvent être jouées selon différentes techniques. Suivant leur forme et les sonorités que l’on veut obtenir, elles seront tantôt frappées avec les doigts ou le plat de la main, ou encore à l’aide de petits maillets ou de mailloches ; elles seront tantôt percutées entre elles ou encore frottées - avec une pierre, du sable ou les mains humides - pour faire naître des vibrations sonores.
Les sons produits sont nombreux et variés : archaïques et durs, courts et secs ou au contraire longs, mélodiques ou plaintifs, comme jaillissant des entrailles de la terre ou remplissant tout l’espace, ou encore légers et aériens tels des clochettes d’airain ...

Pour Ulrich Gasser, compositeur de musique de pierres : « La pierre, quintessence du matériau lourd devient musique, quintessence de l’immatérialité sans poids ».

L’artiste souhaite partager son émotion avec le public, et pour que le spectateur puisse corporellement sentir / ressentir ses ?uvres, il permet et même invite à toucher ou pénétrer certaines d’entre elles : telle la maison en pierre, pour entendre de l’intérieur comme dans une caisse de résonance ; ou ces pierres que le public peut faire chanter en les frottant doucement sur la tranche avec la paume de la main mouillée : comme cette pierre sonore, simple parallélépipède rectangle posé sur socle, ou la pierre d’eau dont la surface d’eau concrétise visuellement les ondes sonores qui parcourent la matière que l’on peut, également, percevoir physiquement si l’on plonge sa main dedans ; ou encore comme ces colonnes sonores pierres jumelles qui, refendues comme des diapasons, émettent des sons « in-ouïs ».

Sculpteur, musicien mais aussi dessinateur, l’artiste nous présente également une série de grands dessins de graphite en relief, tout en nuances de noirs, d’une sobriété impressionnante.

Florence Fréson


Concert du vendredi 21 septembre
à 20h au Mamac

Bergfahrt
Composition pour cinq pierres sonores d’Arthur Schneiter

Ernst Brunner - composition et percussions
Arthur Schneiter - percussions
Ursula Amsler – voix

Tout a commencé lors des premières rencontres au Fähnligipfel, un domaine d’escalade dans les Widderalpstöcken, au-dessus du Bollenwees dans l’Alpstein. Il y a longtemps que je me suis rendu compte que la pierre sonne à chaque fois que l'on la frappe, comme le fait le grimpeur lorsqu’il s’assure de la solidité du rocher. A chaque ascension, je m’arrêtais un moment et je tambourinais contre la paroi rocheuse. Je finissais par rechercher des nouvelles sonorités, et quelle ne fut pas ma surprise : le rocher était rempli de sons. Je jouais SUR et AVEC des pierres.

J’avais entendu parler d’un sculpteur dans le Thurgau, qui travaillait avec des pierres sonores. C’est ainsi que j’ai fait la connaissance d’Arthur Schneiter et que je lui ai raconté mon histoire. Je lui ai souvent rendu visite et je découvrais son monde. Ses sculptures et ses publications étaient très explicites Les sonorités lithiques ne sont plus un terrain vierge, même dans nos régions. J’écoutais des CD de Fritz Hauser et les compositions d’Ulrich Gasser, que j’ai rencontré par après. Nous avons joué ensemble sa composition de 1988, «Die singenden Zikaden» à Stuttgart, à l’occasion d’une exposition d’Arthur.

J’avais envie d’écrire ma propre composition, une pièce ‘pierre de montagne’, une pièce ‘montagne de pierre’. Avec Arthur, on a fait différentes expérimentations sonores. Une nouvelle pierre sonore en est née : la pierre qui roule. A cela se sont ajoutées deux grandes plaques de dolérite, montées sur un support vertical. J’étais à nouveau suspendu au rocher. Je jouais à nouveau à l’aide d’un mur, comme je le faisais à Fähnligipfel. Ainsi j’allais vers la montagne, en réalité vers Arthur dans le Thurgau; «bergfahrt» était né.

Je n’ai pas pu oublier les sonorités lithiques de l’Alpstein. Avec le photographe Ernst Schar, j’ai été jusqu’au Fähnligipfel, équipé d’un enregistreur pour pouvoir emporter les sons de cette roche. Pendant que Ernst Schar prenait des photos, nous sommes parvenus à enregistrer quelques sons, qui figurent aujourd’hui sur cd, mais qui n’ont pas été repris dans la composition.

Une ascension de montagne est toujours une aventure polyrythmique. Les pas de l’alpiniste, les battements de son pouls, d’une canne peut-être, le tapement d’un crochet, le cliquètement du mousqueton, le piochement dans la glace, le grincement lors du tournoiement d’une vis à glace, ou le cliquetis des ustensiles d’escalade attachés au corps… sont tous des événements rythmiques.

 

MAMAC
Musée d'Art moderne et d'Art contemporain de la Ville de Liège
Parc de la Boverie 3 B-4020 Liège
www.mamac.org

dans le cadre de Luxembourg et Grande Région - Capitale européenne de la Culture 2007
www.luxembourg2007.org

 

Merci
Je voudrais remercier tous ceux qui ont participé à la réalisation de ce projet :
Arthur Schneiter, Ernst Schar, Niklaus Frei, Ursula Amsler, Karl Lassauer, Thomas Lanzlinger

Saint Gall, en novembre 1998
Ernst Brunner
Traduction Carmen Genten

Ernst Brunner

Ernst Brunner est originaire de Zurich. Après des études au conservatoire de Zurich, il entre comme percussionniste, soliste, dans l’orchestre symphonique de Saint-Gall. Il vit aujourd’hui à Herisau
Parallèlement au travail dans l’orchestre symphonique, il cherche continuellement dans différentes directions musicales et joue aussi bien dans des ensembles de percussion classique que dans des formations de musique populaire. Il a fondé l’ensemble de percussion Blankton et expérimente différents matériaux afin d’élargir le spectre sonore.

Point de vue d’un auditeur

Surprise : une pierre vibre et vit.
Quand elle devient objet sonore, elle donne vie à la roche : matière que je croyais naïvement inerte, glaciale, éteinte, sourde à toute stimulation, à toute vibration et par extension à toute musicalité - harmonique ou mélodique - … bref à toute émotion esthétique passant par nos deux tympans.

Jouer ‘de la Pierre’, c’est surtout jouer ‘avec la Pierre’. Par un échange d’énergie.
Frappée, excitée, frottée, elle interagit avec qui veut jouer avec elle, prête à devenir tour à tour instrument d’un autre âge ou générateur sonore d’avant garde.
La pierre sonore, fruit du hasard de l’érosion ou de la main d’un sculpteur devenu luthier, se livre au-delà de son apparente froideur. La matière se révèle sous la paume humide ou la mailloche : percussion, vibration entretenue, frottement d’une main douce ou vigoureuse, impatiente ou caressante, qui cherche la résonance, l’instant et la bonne fréquence pour la solliciter et attendre patiemment le timbre de sa réponse …

Au-delà du ludique qui amuse et surprend, l’écart peut être grand entre le ‘vu’ et l’ ‘entendu’.
Car la pierre répond souvent là où on ne l’attend pas.
Le champ de l’expérimentation est vaste et semé de surprise pour le néophyte qui se pique de la faire sonner et de l’apprivoiser, obligeant chacun à revoir son vocabulaire et ses critères d’appréciation : grasse, éteinte ou cristalline, ronde ou chaude, chacun y va de son vocabulaire, de son langage et de ses métaphores pour tenter d’exprimer l’inattendu.
Car parfois nos facultés d’écoute se troublent devant tel phénomène de battement, telle résonance sympathique entre deux pierres cousines qui communiquent presque à l’unisson, générant une rumeur entêtante, un timbre qui enfle et envahit tout l’espace. Idem devant l’effet ‘Leslie’ (basé sur l’effet Doppler) d’une pierre frappée, suspendue, mise en rotation, …
En fait, mieux vaut rester modeste et honnête : nous voilà bien démunis pour communiquer avec notre voisin ces personnalités sonores qui s’expriment en toute liberté, en dehors de toute référence consensuelle.
Car c’est à d’autres facultés d’écoute critique que la pierre nous appelle, d’autres facultés que l’on doit encore appréhender, en évitant de chercher dans sa mémoire auditive quelque référence ou repère du ‘bien entendu’.

Arthur Schneiter parvient à exprimer de ses ?uvres des sons in-ouïs, au sens premier du ‘jamais entendu’ et au sens second de l’étrange et de l’incroyable : une musicalité insolite bâtie sur des harmonies parfois riches et complexes, issues du c?ur même de l’?uvre et de la matière, fruit d’une liberté sonore inconnue qui aurait pourtant largement sa place dans la galerie et le bestiaire des Objets d’un Pierre Schaeffer ou d’un Pierre Henri.

Pierre Fabry
ingénieur du son

Point de vue d’une musicienne

Imaginez-vous le son des cloches retentir dans l’air ; autour du son principal (la fondamentale) de chaque cloche vient s’ajouter et tournoyer toute une série d’autres sons plus aigus ( les partiels) ; les fondamentales et partiels de 2 ou 3 cloches jouées ensemble se mélangeant, créent alors d’autres sons, encore et ainsi de suite, comme le choc des atomes provoque leur multiplication et leur croisement. Il en résulte un bain sonore extrêmement riche pour l’oreille.
Les pierres sonores taillées par Tony Di Napoli produisent le même effet lorsqu’elles sont frappées. Leur spectre sonore est aussi instable que celui des cloches, à la différence que les partiels les plus audibles de prime abord tournent plutôt entre la 10ème et la 15ème au lieu des tierces et quintes pour les cloches.
Par contre, lorsque les pierres sont frottées, à l’aide d’un rebondisseur *, c’est la fondamentale qui émerge uniquement ; c’est à partir de celle-ci que la pierre est accordée.
Selon la pression exercée et l’endroit du frottement, on peut, sur les lames graves, faire ressortir un partiel ( la 10ème ou la 14ème) au lieu de la fondamentale. C’est alors un son quasi sinusoïdal qui se glisse dans vos oreilles, un son prégnant qui peut remplir toute la tête et tout l’espace. Ce n’est plus un bain d’harmoniques mais bien une chape acoustique perturbante pour les uns, envoûtante pour d’autres.
Quant au choix des hauteurs des notes, leur concepteur, Tony Di Napoli, se plaît à accorder les fondamentales en intervalles plus petits que le ? de ton ; ainsi lorsque 2 lames sont frottées simultanément, le son - sans que vous ne saisissiez l’origine du phénomène - commence à battre, à cogner dans votre corps tout entier. Il bat à différentes vitesses selon la grandeur de l’intervalle entre les deux lames : plus celui-ci est grand, plus rapide est le battement. C’est en outre ce principe qu’appliquent les musiciens pour s’accorder entre eux, mais ici, le phénomène est regardé à la loupe : on n’essaye plus de s’accorder tous sur le « la » du violon et donc d’éliminer le battement ; ce « la » est découpé en commas** pour jouer justement sur ces vitesses de battements.
A coté d’une démarche rationnelle, par laquelle Tony Di Napoli répertorie et calcule les incidences acoustiques en relation avec les dimensions de chaque pierre, il se dégage néanmoins une application empirique du phénomène, car Tony Di Napoli choisit de façonner les hauteurs de notes qui le touchent en étant parti de la note « fa qui réjouit le c?ur des hommes » selon la légende de la création de la musique en Chine.
Sa recherche s’est également élargie à la forme qu’il donne à ses pierres : il taille des lames oblongues mais aussi des pierres rondes en lunes et demi-lunes. Ces pierres circulaires engendrent d’autres spectres harmoniques : ici, ce sont plutôt les sixtes et dixièmes qui émergent d’avantage par rapport à la fondamentale.
Son écoute ne se concentre pas uniquement sur la note produite, mais sur l’effet que cette note engendre dans le lieu où elle retentit : le son sculpte alors l’espace et peut aussi faire résonner d’autres objets dans cet espace, ou encore se mettre en vibration avec un son venant de l’extérieur : les bruits de circulation par exemple ; tous ces bruits dérangeants à l’oreille d’un mélomane, Tony Di Napoli n’a pas peur de les intégrer à ses masses sonores.

 

Paula Defresne,
musicienne et compositrice,
a écrit pour les lithophones de TDN

 

* rebondisseur : boule magique en caoutchouc, fixée sur une tige de fibre de carbone dont la flexibilité permet d’effectuer un mouvement continu en forme de 8 sur la pierre.
** comma : intervalle minuscule ( un 9ème de ton). Il faudra donc 9 lames pour passer du « la » au « si ».


Concert du jeudi 11 octobre 2007,
à 20h au Mamac
parrainé par Pierres et Marbres de Wallonie

Du souffle et des pierres

Paula Defresne - composition et clarinettes
Tony Di Napoli - lithophone

concert : 70’

Quelques petites merveilles d'après A.Rochedy. Première partie
pour clarinette contrebasse

Entrelacées de
Végétaux d'après des gravures sur bois de B.Corbisier
pour lithophone

7 Chemins de traverse d'après des eaux-fortes de B.Corbisier
pour différentes configurations de lithophones et de clarinettes

Quelques petites merveilles d'après A.Rochedy. Seconde partie
pour cor de basset et lithophone tdn 9 lames

 

Cette oeuvre, composée par Paula Defresne en 2005, a été conçue pour sculpter le volume sonore des lieux où elle est jouée. Tony Di Napoli et Paula Defresne vous convient à un voyage à travers des résonances et des vibrations singulières. Ces vibrations naissent des caractéristiques particulières du lithophone de Tony Di Napoli : lames ou lunes de pierre calcaire accordées, de manière non tempérée, selon l’envie de leur concepteur tantôt en demi-ton tantôt en neuvième de ton.
Ces intervalles, qui ouvrent un angle d’écoute nouveau pour nos oreilles habituées à la musique tonale, créent des battements de rythmes variés s’agglutinant en masses sonores mouvantes et transperçantes qui déroutent l’auditeur. Frappées, les pierres sonnent comme des cloches, frottées, elles produisent des vibrations continues et s’en échappent en tous sens des sons d’une pureté inouïe.
Paula Defresne qui, de nature, est attirée par les subtilités des couleurs sonores, n’a pu résister à l’envie d’associer ces phénomènes acoustiques aux instruments classiques. Sont nées alors progressivement les pièces pour différentes clarinettes et lithophones. La clarinette se fraie un chemin à travers les vibrations, tant la contrebasse titillant les battements des pierres, que le cor de basset ou la clarinette sib en développant des mélopées en quarts de tons.

Les différentes pièces qui constituent cette fresque sonore ont été inspirées d’une part par " Les petites merveilles " d’André Rochedy (poète français édition le buisson ardent) et d’autre part par les gravures de l’artiste liégeoise Brigitte Corbisier intitulées : Végétaux et Chemins de traverse.

Paula Defresne

Compositrice et musicienne. Née à Liège en 1971.
Etudes musicales au conservatoire de Liège où elle participe régulièrement à de nombreux projets de musique contemporaine et improvisée, sous la direction de Jean-Pierre Peuvion et de Michel Massot. Elle a suivi également le cursus d'écriture avec Frederic Rzewsky et Garrett List ; parallèlement, elle s'initie à la percussion traditionnelle persane auprès de Madjid Khaladj.
Son amour pour les petites formes musicales et la finesse des timbres ainsi que sa constante recherche dans le domaine de la pédagogie - elle enseigne le piano depuis 1998 à l'Académie Jean Absil d'Etterbeek - l'ont conduite à rencontrer à plusieurs reprises György Kurtág.
Boursière au Centre de Recherche et de Formation Musicale de Wallonie en 2002, elle compose depuis 1997 diverses pièces qui ont été créées au Festival Ars Musica, à Lisbonne et au Festival de Wallonie. Elle se produit à la clarinette dans des concerts d'improvisation et de musiques expérimentales.
Travaille actuellement en collaboration avec Tony Di Napoli, dont les pierres lui ont inspiré, en 2005, « Du souffle et des pierres » pour lithophones tdn et clarinettes ; et en 2007, « Nocturnes » pour violon, piano et lithophone tdn 9 lames, 3 lunes.

Tony Di Napoli

Sculpteur et musicien. Né en France en 1967, vit et travaille à Liège.
Il crée depuis 1994 des instruments de musique en pierre, en calcaire de Vinalmont ou en petit granit : lithophones tempérés et non tempérés, composés de lames oblongues ou en forme de lune et demi-lune, englobant 4 octaves et posées sur des caisses de résonance en bois.
Réalise des performances sonores dès 1996, en Belgique, Hollande, France et Viêt-Nam.
Grâce à une bourse de la Fondation Spes , il entreprend, en 2002, un voyage au Viêt-Nam pour étudier les diverses pierres sonores, les techniques d’accordage et rencontrer d’autres musiciens de la pierre. Une rencontre musicale : « Parcours 3 - compositions pour différentes pierres sonores » a été jouée à l’Alliance Française de Hanoi en septembre 2003 avec le groupe de percussionnistes Phu Dong II de Ho Chi Minh Ville et le compositeur Vu Nhat Tan de Hanoi.
Travaille en collaboration avec Florence Fréson, sculpteur, à un projet de rencontres de musiciens de la pierre à travers le monde.
Crée des musiques pour le théâtre : « La pelle della luna » de et avec Marco Baliani présenté au Palazzo Publico di Siena, et sur le site transitoire de Jean Paul Philippe, Siena. Juillet 2005
« Vos désirs sont désordres » de et avec Claire Blach. Festival émulations du théâtre de la Place, Liège. Novembre 2005.
Collabore régulièrement avec la compositrice et interprète Paula Defresne.


Arthur Schneiter - Expositions et concerts (sélection)

1984 : Séminaire international de compositeurs Boswil (concert)
1985 : Kasseler Musiktage, Eisenwerk Frauenfeld (concert)
1986 : Atelierhaus Fliederstrasse Stuttgart
1987 : Académie protestante Hofgeismar
1988 : Galerie Postgasse Berne
1989 : Académie protestante Hofgeismar
1990 : Théâtre Westend Zürich
1991 : Zwischenbühne Horw, Ecole Meiriacker Bâle, Kornhaus Berne
Waldspaziergänge Bâle (concert)
1992 : EAD Genève, Saint-Gervais Genève, Eglise Saint-Martin Kassel, Galerie Krone Biel, Bourse de Berlange Amsterdam
1994 : Haus zum Komitee Weinfelden, Eglise Saint-Martin Kassel
1995 : Münsterkonzerte Schaffhausen, Bodenseefestival Constance, Forum neue Musik Eglise des jésuites Lucerne, Europäische Kirchenmusik Schwäbisch-Gmünd, Musikpodium der Stadt Zürich Eglise Saint-Pierre, Aarau Eglise communale
1997 : Kunsthalle Arbon
1998 : musica poetica & Galerie St. Eberhard Stuttgart, Lucerne, Stadttheater St. Galle, Vorstadttheater Bâle
1999 : Festival der aussergewöhnlichen Klänge in Thun Ellwangen (concert)
2000 : Steinreich Eglise St. Martin Kassel, Amriswil, Cracovie
Portique du Cloître des Pères augustins (concert)
Tethys St. Galle, Weinfelden, Herisau, Appenzell, Gonten (concert)
2001 : Vogelfrei Darmstadt, DRS (Télévision suisse), Klanghotel (concert), Zurich, Lucerne, Klangstein 5 (concert avec Josef Röösli)
2002 : Galerie W. Heiden
Kunst und Klang im Gonzen
Thurgau, Kantonaltag
Contribution au Film Thurgau, eine Begegnung de Dona de Carli
Zurich, St. Gall, Amriswil, Chur, Ödipus Tochter (pièce de théâtre musicale)
Heiden, Kradolf, Der Berg (concert)
2003 : Kunst und Klang im Gonzen mine de Gonzen (exposition et concert), La rada Locarno
2004 : Werkstatt-laden, Winterthur (concert)
Uhr, Galerie Marie-Louise Wirth
2005 : Uhr, Galerie Marie-Louise Wirth
RW Fine Arts Collection Limited Winterthur
Winterthur, Erdtöne (exposition et concert)
Klangnacht – Nachtklang Pfalzkeller St. Gall (conception et concert)
2007 : Galerie die Austeller, Bâle

Commandes d’art public (sélection)

1992 : Eglise St.-Martin Kassel
1993 : Maison communale Amriswil
1994 : Maison de repos Heiden
1995 :Oberstufenzentrum Schönholzerswilen
1995-96 : Fondation Brändi AWB Kriens
1997 : Steinklänge Therme Vals
1999 : Alterswohnsiedlung Amriswil
2000 : Behindertenwohnheim Frutigen
2000 : Eglise St.-Martin Kassel
2001 : Poesie-Brücke Kradolf – Schönenberg
2002 : Fontaine Kinderdörfli Lütisburg

Quelques CD de musique de pierre avec Arthur Schneiter

CD Ulrich Gasser
Über das Schöne
Die singenden Zikaden. Zu Platons Phaidros Dialog über das Schöne, 1989.
Für Flöte und drei Klangsteine.

CD Fritz Hauser
Steinschlag
Suite für Klangsteine, 1989.
Musikteil des gleichnamigen Hörspiels über Arthur Schneiter für Radio DRS 2

Buch Arthur Schneiter "Klangsteine" (vergriffen)
Buchausgabe mit CD Steinschlag, 1992
(Musik Fritz Hauser, Photos und Gestaltung Martin Gasser).

CD Ulrich Gasser
Von der unerbittlichen Zufällikeit des Todes.
Ein szenisches Oratorium in sechs Teilen, 1993-95.
Für sechs Frauen - und sechs Männerstimmen, acht Flöten, die sechs grossen Klangsteine von Arthur Schneiter und einen grossen Raum..

CD Ernst Brunner
Bergfahrt
Publikation mit gleichnamiger CD, limitierte Auflage von 150 Stück 1998.
Für fünf Klangsteine von Arthur Schneiter

CD Ernst Brunner
Tethys
Ein Hörstück zwischen Säntis und Bodensee 1999,
mit Klangsteinen von Arthur Schneiter.

CD Fritz Hauser
sounding stones
Musik der Klanginstallation in der Therme Vals, 2000.
Mit Klangsteinen von Arthur Schneiter

CD Hans Darmstadt
Stimmen und Stein
Die Klangsteine der Martinskirche, 2001. Der Bach-Stein,
eine grosse Klangskulptur von Arthur Schneiter
musikalische Aufführungen mit Klangsteinen (Auswahl)


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Reportage et video : Lesage Jean-Marie le 20-09-2007

Webmaester : Jean-Marie Lesage

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