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Pendant deux jours, le temps d’un week-end, les pompiers se sont
ouverts au public qui a répondu présent et assurant du
même coup le succès de cette opération. Stands ,
livres, revues, photos récentes et anciennes étaient
là pour retracer l’histoire du centre de secours de Malmedy.
Et bien entendu la restauration était également présente
sous forme de choucroute bien appétissante, et d’ailleurs le
public ne s’y est pas trompé en lui faisant un triomphe.
Les plus jeunes non plus n’étaient pas oubliés puisque
de nombreux jeux étaient là pour les distraire.
Ardennes Magazine a voulu en savoir plus et le Commandant Remacle a
bien voulu répondre à nos questions. Passionnant.
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Commandant Remacle, bonjour et merci
de recevoir Ardennes Magazine.
La première question tournera autour de la présentation
de votre centre. Moyen humain, moyen matériel ?
“Le centre de Secours, c’est en fait le Service Régional
d’incendie de Malmedy qui est composé de quarante personnes.
Dix véhicules et deux ambulances. Notre secteur d’intervention
est Malmedy, puisque nos voisins sont également équipés
de leur propre centre, ce qui n’exclut pas que nous pouvons intervenir
en renfort et la réciproque est aussi vraie”
Estimez-vous que les moyens que vous venez de décliner
restent suffisants pour assurer avec le maximum de sécurité
et d’efficacité vos interventions ?
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“Je crois que nous disposons d’une panoplie suffisante de matériel
et nous pouvons faire face à la plupart des situations, la seule
restriction sont les produits dangereux, mais cela n’est pas spécifique
à Malmedy, car il faut bien noter que ce matériel spécialisé
est très onéreux et que de ce fait seuls certains grands
centres peuvent en posséder, je veux dire pour expliciter, Liège
et la protection civile. Maintenant nous nous heurtons aussi à
une autre problématique, c’est la vétusté du matériel,
le renouvellement se fait tardivement.Il faut savoir qu’un véhicule
fourni par le ministère ne peut pas être vendu dans les
vingt premières années, ce qui à terme peut poser
le problème de la maintenance. Mais bon, on arrive toujours à
trouver des solutions. Pour revenir en arrière, quand on dit
vingt, il ne s’agit là que d’un minimum, on garde aussi des engins
plus de vingt-huit ans, c’est tout de même une faiblesse dans
le système. Mais en règle générale, nous
sommes relativement bien équipés.”
Avant de rentrer dans le détail, décrivez-nous la journée
type d’un personnel du C.S.
“ Pour répondre à cette question, qui n’en est pas une,
je répondrai simplement qu’il n’y a pas de journée type,
car c’est un service volontaire, chacun ayant ses occupations par ailleurs.
D’ailleurs même moi, tout commandant que je suis, je reste
également un volontaire. Donc vous comprenez que votre question
ne s’adresse pas à des volontaires. Ce qui fait pour être
plus précis, je dirais qu’il n’y a personne ici dans la journée,
juste un membre du personnel communal chargé de la veille,
assurant par ailleurs le départ ambulance, le premier échelon
de la maintenance, et le commandant qui s’occupe des tâches administratives”
Revenons si vous le voulez bien à la notion d’interventions.
Sont-elles toujours gratuites pour le public d’une part, et d’autre
part comment sont financées vos interventions. En clair comment
est constitué votre budget de fonctionnement ?
“ Le budget est entièrement à la charge de l’administration
communale et c’est le conseil communal qui décide des sommes
allouées au fonctionnement. Le matériel est subsidié
par le ministère de l’intérieur à raison de 75%,
mais comme toujours dans ces cas là, la demande est toujours
plus forte que l’allocation ministérielle, nous dépendons
donc essentiellement de la commune. Les interventions sont-elles facturables
et facturées? C’est un grand débat. Dans ce cadre, comme
nous sommes sous la tutelle de la commune, c’est elle qui facture ou
pas selon les rapports d’intervention que nous lui transmettons.”
Pouvez-vous nous décrire les interventions les plus fréquentes
?
“ Nous avons remarqué depuis un certain nombre d’années
une recrudescence des interventions accidents de la route pour le principal,
il y a les prestations sauvetage, une personne par exemple qui se fracture
la jambe, des personnes qui se perdent, les skieurs etc... Mais bien
sûr, il y a les incendies. C’est en somme les trois grandes
lignes des appels. Puis viennent les petites interventions telles que
: nettoyage des routes, les fuites de mazout. Pour résumer. Trois
lignes. Incendie, sauvetage, accident.”
Il y a depuis nonante-trois, une baisse significative de vos interventions
feux. Pour mémoire 56 en nonante- trois, 31 en 2000. Comment
pouvez-vous expliquer ce phénomène ? Je veux dire par
là, y-a-t-il un plus grand respect des consignes de sécurité
?
“Il y a plusieurs éléments qui interviennent. D’abord,
et c’est très bien ainsi, les gens prennent de plus en
plus conscience du danger que cela représente, et de notre
côté nous avons aussi une action pédagogique auprès
de “nos clients”, ça c’est sans doute le premier aspect
des choses. L’autre aspect tient aussi de l’évolution technologique.
Prenons par exemple, les câbles électriques. Il y a encore
quelques années, ils étaient apparents. Aujourd’hui,
ils sont encastrés, donc il y a progrès. L’aspect
prévention est également présent.”
Abordons maintenant l’actualité. Vous organisez deux journées
portes ouvertes. Avez-vous ou poursuivez-vous un objectif précis
auprès du public ?
“Je crois que l’objectif premier est la rencontre entre le public et
nous. Cela me paraît fondamental de présenter, lors de
ces manifestations, nos activités, notre manière d’intervenir,
le matériel mis à notre disposition. En somme c’est une
opération relations publiques qui trouve sa justification, eu
égard aux propres réactions de nos visiteurs”
Pensez-vous que la population, dans son ensemble, possède
une bonne image de ce que vous représentez ?
“ Disons qu’en général nous avons une bonne image auprès
de la population et nous sentons bien que nous sommes soutenus, cela
ne fait pas de doute. Mais ce public n’a pas nécessairement une
image exacte de notre travail, nos interventions et des journées
comme celles-ci trouvent leur utilité pour les informer en expliquant.
Ils peuvent par là même mesurer les efforts que nous pouvons
fournir pour les protéger. Montrer que nous sommes avec eux,
et proche d’eux.”
Avant de conclure cet entretien, pourriez-vous nous raconter deux ou
trois anecdotes qui vous ont de plus ou moins marquées.
“Elles sont légion. Mais... Non ce que je retiens avant tout,
c’est surtout la notion du travail bien accompli et pour moi, pour nous
c’est le primordial, le reste n’est que superflu”
Oui c’est bien de cela qu’il s’agit. La notion du travail bien accompli,
parfois même au péril de sa vie, le pompier ira jusqu’au
bout pour se dire “J’ai fait mon travail” et trouver parfois un signe,
un sourire, un encouragement à continuer sa dangereuse tâche.
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