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Déambuler dans une grande ville nest, pour la plupart
dentre nous, quune succession de pas pressés
nayant pour toute raison dêtre que la nécessité
de nous acheminer dun lieu à un autre.
Bien rares sont les moments où, empêtrés que
nous sommes dans nos petits et grands soucis, nous faisons réellement
attention à ce qui nous entoure, où notre esprit
analyse les images capturées par nos yeux. Sylvie Dorthan
elle est différente de nous, en ce quelle a manifestement
le don extraordinaire de capter en une fraction de seconde, lintrusion
furtive, quasi saugrenue, de la beauté dans nos cités
empuanties et grises.
Là où nous ne voyons quun détritus
de plus, le talent de Sylvie Dorthan détecte, dans le plus
insignifiant des bouts de papier coloré, lexpression
furtive dun instant poétique, elle transcende le
commun, sublime linsignifiant et alors, soudain, en une
révélation, les parfums les plus rares remplacent
les effluves méphitiques, la lumière supplante la
grisaille, le petit amas froissé est une nébuleuse
piquée au firmament dun cosmos de bitume.
Associer les uvres photographiques spontanées, vibrantes
sculptures de linstant, de Sylvie Dorthan à celles
dune autre personnalité nous semblait difficile.
Puis, un ravissement semblant toujours en accompagner un autre,
nous avons découvert le travail dEdmée Delsol.
Elle aussi a ce petit quelque chose, que nul ne sait décrire,
qui fait que daucuns parviennent à exprimer en la
matière ce quils ressentent et à nous le faire
partager en exprimant leur art.
Edmée Delsol ne soccupe pas dinstants mais
despace, elle exprime en de simples et pourtant savantes
combinaisons de verre et de terre, linextricable relation
entre la matière et la lumière, entre le palpable
et limpalpable. Subrepticement, elle nous amène à
réaliser que tout comme la science, lart est asymptotique.
Edmée Delsol nous fait comprendre que la lumière
nest que ténèbre en pleine gloire tandis que
lombre est de la clarté au repos ; elle nous fait
aussi savoir que cest là, en ce lieu dincertitude,
inscrit à un niveau qui nous échappe, à la
frange entre matière et onde, que se trouve la Réponse.
Frederico Dovesi
Tu es pierre, sur toi je bâtirai mon art
Quelles soient figuratives ou abstraites les sculptures
de Luk Luts font immanquablement jaillir trois mots en lesprit
: élégance, raffinement et délicatesse.
Toutes ont quelque chose de céleste, sont empreintes de
romantisme ; elles évoquent sans énoncer, disent
en mots de perception, en furtives sensations, combien tout est
beauté pour ceux qui voient plus loin que les apparences.
Pourtant Luk Luts ne fait pas de lhédonisme ou de
lesthétisme gratuits, il incarne dans la roche des
chants de beauté. Il est un poète dont le crayon
dacier compose sur les vélins de pierre, en parfait
accord avec linspiration du moment et le discours de la
matière brute, des élégies à la maternité,
des sonnets, des allégories à lélévation
spirituelle, des gestes à la femme.
Toutes ses uvres sont dextraordinaires hommages aux
splendeurs de lunivers, en cela semblables aux intégrales
qui rayonnent une beauté discrète tout en complexité,
incomprises des rustres, ignorées des lettrés, mais
bonheurs des fols car elles enchantent le regard tout en apaisant
lâme.
Ce quil apprend des pierres, Luk Luts le communique aux
autres avec la simplicité, la sincérité propres
aux êtres qui préfèrent le verbe donner au
verbe recevoir. Aussi sans compter nous donne-t-il ce quil
a de plus précieux : son talent.
Les roches ont une âme, il en est le confident, il nous
rapporte ce quelles lui murmurent pour que nous les comprenions.
Frederico Dovesi
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Galleria Leukos
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6600 Bastogne
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Tous les jours de 11 à 19 H
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