Exposition dans le cadre
du 60ème anniversaire

Houffalize en 1944-1945



Photo 13
Mr Michel Martin de Les Tailles ( Habitant Freux) , collectionneur depuis plus de 15 ans
devant une partie de ses objets retrouvés dans la région.

 

Dans le cadre du 60ème anniversaire Houffalize participe également aux festivités en présentant une exposition consacrée à l'offensive des Ardennes à Houtopia, à la salle du grenier du peintre. Possibilité de découvrir des photos d'Houffalize détruit, d'objets provenant de différentes collections privées, dont beaucoup ont été retrouvés dans la région d'Houffalize.

Ouverture officielle à 17h30 ce jeudi 23 décembre et visible jusqu'au jeudi 15 janvier 2005.

Inauguration de l'exposition par Gérard Otto qui remplace le bourgmestre absent.


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Contactés il y 8 jours à peine, les deux collectionneurs ont monté cette exposition en moins de 2 jours. Michel Martin ( Freux : tél.: 061/ 23 30 36 ) et Daniel Zune ( Les Tailles: tél.: 080 41 86 77 ) , présentent une partie de leur collection dans les vitrines du S.I.
" Ces vitrines ont été vidées de la collection du Docteur Verheggen . Les plus belles pièces de celle-ci ont été détruites ou volées lorsqu'elles étaient entreposées au dessus d'un café " dixit Mr Nollomont responsable du cercle Sénia.


Madame Lily Daulne et madame Nelly Simont , deux survivantes Houffaloises des bombardements, qui avaient respectivement 18 et 19 ans en 1944, elles font partie des bénévoles qui commenteront votre visite de leurs témoignages. Elles posent devant l'agrandissement d'une des photos exposées. Malheureusement, la plupart de ces agrandissements ont été entreposés dans l'humidité pendant 20 ans déjà et sont fortement endommagés. Ces photos d'Houffalize avaient été retrouvées et agrandies par Jean-Marie Lesage dans le cadre de l'inauguration d'un monument en 1984 en mémoire des victimes civiles par "Houffaize se souvient".


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René Charles nous a remis une copie du récit complet de monsieur le Doyen Georges et retranscrit par soeur Aurélie entre 1945 et 1946.
Nous vous proposons de découvrir ce récit que nous publierons au fur et à mesure de nos possibilités de le présenter.

Extrait :

La guerre 1940 à Houffalize
Récit du doyen L. Georges

Récit de monsieur le doyen de Houffalize «Louis Georges» et recopié par soeur Aurélie que les houffalois de mon âge ( càd né dans les années 50 ont bien connu lorsqu’elle enseignait à l’école primaire.
Monsieur l'abbé Louis Georges est nommé curé-doyen à Houffalize le 20 juin 1928. Epuisé après l'offensive des Ardennes, il prend sa retraite au sein de sa famille, à Bergeval, en 1946 et y décède pieusement le 18 juillet 1950.
Cette retranscription par soeur Aurélie date probablement des années 45 à 46 au plus tard.page du régistre 328

Guerre 1940
Le 25 août 1939, le décret de mobilisation appela sous les armes environ 150 paroissiens dont M. le vicaire Jacqmin qui put néanmoins revenir chaque dimanche et même séjourner un mois à Houffalize comme brancardier attaché à une compagnie motorisée, installée à l'auberge de jeunesse. Rien de particulier.
Le 10 mai 1940, vers 4h.30, explosion des mines placées aux quatre routes aboutissant à Houffalize, grand branle-bas général des hommes de 45 ans et exode d'une bonne partie de la population : 600 environ.
Les uns allant jusque Engreux où ils passèrent la nuit, les autres jusque Laroche tandis que beaucoup franchirent la Meuse et dans les remous se firent entraîner jusqu'en France. Plusieurs familles étaient déjà parties en janvier.
Quelques éclaireurs allemands se montrèrent l'après-midi.
Le samedi 11 mai 1940 au matin, Houffalize était rempli de soldats. Sans doute pour faire oublier 1914, aucun habitant ne fut molesté, les maisons furent respectées sauf celles des principaux .......
- En juin, les évacués commencèrent à rentrer du nord de la France....ceux qui s'étaient rendus dans les déportements du midi revinrent en août - septembre
Le 28 moi, l'armée capitula.
Nos soldats, presque tous chasseurs ardennais, regagnèrent leurs foyers après avoir rempli courageusement leur devoir envers la patrie .
Malheureusement, on eut à déplorer la mort de quatre d'entre eux : Marcel Cawet, Louis Verheggen, Emeric Lamy et Alfred Renard.
Cinquante soldats environ durent prendre le chemin de la captivité dont une vingtaine de pères de familles. Louis Lesage, époux de Constantine Lamy mourut en Allemagne le 8 mars 1941............

page du régistre 329-330-

.....Au point de vue ravitaillement, ce fut moins bien qu'en 1914-1918 vu qu'aucun pays ne vint à notre secours comme alors.
Houffalize - durant l'offensive Allemande 18 décembre 1944 - 18 janvier 1945
Le dimanche 10 septembre 1944, les Allemands poursuivis par l'armée américaine quittaient vers treize heures après avoir fait sauter les ponts. Les soldats libérateurs apparurent sur les hauteurs de Saint Roch dirigeant le tir précis de leurs canons sur les derniers tanks aux Cheras et sur la route de Sommerain. Dès que l'artillerie eut cessé le feu, les habitants sortirent de leur maison. Allégresse générale !!!
Quelques menuisiers se mirent à réparer le pont de la route de Liège ; ce fut terminé en 45 minutes et les soldats américains avec jeeps, camions et tanks commencèrent à défiler, reçus chaleureusement par la population, couverts de fleurs, comblés de gâteaux, liqueurs et de tout ce qu'on pouvait encore trouver dans les maisons. L'armée séjourna dans la paroisse jusqu'au 12 décembre. Bientôt des bals furent organisés le dimanche. Les jeunes filles y furent d'abord invitées avec leurs parents, puis seules. Malgré les avertissements, des jeunes filles se distinguèrent par leur légèreté et leur retour tardif à la maison paternelle. Les soldats entretenaient des relations suivies avec plusieurs, au su des parents qui les accueillaient à leurs foyers, gagnés par le café, le savon, le chocolat qu'on leur offrait. A une plainte faite au major des civils affaires . Celui-ci répondit : Les moeurs de chez nous ne sont pas les mœurs de chez vous. Pourtant, rien de grave ne se produisit durant ces trois mois.
Le 17 décembre, un dimanche, arrivèrent, amenés par des camions américains, des gens de Saint-Vith et des environs. Le centre de l'armée américaine, fortement dégarni, formé de jeunes recrues, cédait devant un ennemi en nombre qui, connaissant la situation, déclenchait une offensive dans les Ardennes. Au bourgmestre qui priait le commandant américain de s'occuper aussi de la population de Houffalize s'il y avait quelque danger, il fut répondu qu'on pouvait être tranquille et que, du reste, le cas échéant, nous serions prévenus à temps.
Néanmoins, le lundi 18, l'armée quitta la ville sans donner le moindre avertissement ...et déjà ce lundi après-midi, un obus allemand vint briser une croix du vieux cimetière et réduire en miettes les vitres de l'église.

 


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diorama de mannequins américains


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centrale téléphonique de campagne américaine


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quelques armes d’infanterie allemandes


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petit équipement du soldat américain


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tireur allemand de MG34


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l’expo réunit tout type de matériel

 

Le mardi 19, quelques Allemands apparurent sur la route de Bastogne, détruisirent une jeep et tuèrent deux Américains des civils affaires.
Le mercredi , ce fut le défilé interminable, non plus d'attelages comme en 40, mais de tanks énormes, de camions automobiles, matériel souvent usé, en pauvre état.
Ce jour-là, le bourgmestre fut convoqué à l'hôtel de ville et cette phrase lui fut servie par l'officier en chef : En septembre, vous avez couvert les Américains de fleurs, eux vous couvriront de pierres .
Dès le lundi 18, les jeunes gens, surtout les réfractaires, (ceux qui s'étaient cachés pour ne pas aller travailler en Allemagne) et les maquisards (ceux qui s'étaient groupés dans les bois) avaient quitté la ville pour s'arrêter dans les villages voisins et surtout gagner la Meuse et se mettre à l'abri dans le sud de la province de Namur et de la province de Hainaut. A Morialmé, 45 réfugiés furent admirablement assistés par M, le curé F. Noël, prêtre d'un dévouement sans pareil.

En faisant des perquisitions à la gendarmerie, les Allemands découvrirent les carnets contenant les enquêtes et entre autres les dépositions contre certains belges accusés d'avoir trafiqué avec l'ennemi.

Le vendredi 22, tous les témoins furent convoqués à l'hôtel de ville et parurent un à un devant l'officier allemand qui leur demanda de réaffirmer leur déposition, 13 renouvelèrent leur déposition, le quatorzième, Jules Dubru, croyant se sauver par-là, se dédit. Tous alors furent rassemblés et l'officier s'adressant aux premiers leur dit : Vous, vous avez été corrects, je vous estime, vous êtes libres, puis il ajouta : Vous êtes les amis des Allemands et s'adressant au 14éme, il lui dit : Disparaissez au plus vite et qu'on ne vous voie plus.
Malheureusement, il s'attarda dans une maison et quand il sortit sur le chemin en face de chez lui, il rencontra deux soldats qui venaient l'arrêter. Ils le conduisirent aux Cheras où Ils le massacrèrent sauvagement.
La veille du Jour de l'An, on retrouva son corps, la tête fracassée. page du régistre 331
Ce même vendredi , eut lieu un épisode tragique où périrent deux jeunes gens de Houffalize : Antoine Bollet et Jean Nadin, deux maquisards.

....page du régistre 332

Ce samedi 24 vers 3 heures trente, vint au presbytère monsieur l'abbé Maboge, curé de Wibrin depuis octobre. Les Allemands arrivés la veille dans la paroisse recherchèrent les principaux maquisards. Monsieur Armand Huberty, instituteur, monsieur Armand Bastin et monsieur le curé dont le presbytère fut fouillé de fond en comble.
Tous trois furent amenés à Houffalize. Monsieur le curé se défendit, il n'était à Wibrin que depuis la Toussaint. C'était son prédécesseur, monsieur l'abbé Dambly, aumônier des maquisards qu'on recherchait. On le relâcha en lui rendant sa machine à écrire. Voulant aller faire les offices de Noël dans sa paroisse, il reprit courageusement le chemin de Wibrin, Ses deux compagnons furent massacrés.
Les jours précédant la Noël, les soldats allemands ne cessèrent de traverser la ville, passant les nuits dons les maisons et annonçant leurs grands succès. Les alliés reculaient sur toute la ligne de front. Namur était kaput , Liège aussi, Bruxelles et Anvers également et ils se dirigeaient sur Paris. Cependant, ils ont moins de morgue qu'en 1940.
On en remarque assez bien parlant couramment le français, des rexistes sans doute, mais il y a aussi des Français. Comme il fallait s'y attendre, ils pillent toutes les maisons surtout pour récupérer les précieux restes abandonnés par les américains.

page du régistre 332-333

Le 24, la messe est dite pour la dernière fois à l'église en présence de quelques personnes.
Le canon se fait entendre sans interruption, on n'ose sortir de sa maison et l'évacuation vers les bois et les villages voisins se fait de plus en plus.
Le jour de Noël, les messes furent dites en la chapelle de la congrégation.
Vers 10 h., les alliés bombardent Saint Roch où est établie une D.C.A. Madame Charles, née Eléonore Remacle est tuée dans sa maison, Charles Cawet est blessé et transporté à la cave du docteur Verheggen où il meurt exsangue.
Le 26, près de la gare, quelques hommes venus à une distribution de charbon sont mitraillés, plusieurs blessés dont Jean Gatez et Maurice Mélignon. L'aviation reste active toute la journée, les postes de D.C.A. établis sur les hauteurs par les Allemands donnent constamment.
Plusieurs quartiers de la ville sont bombardés.
Avenue de la Gare, Catherine Schmitz, veuve Léonard, meurt dans la maison en flammes, la Cheravoie où le fils de Fernand Desset Jean-Claude, est tué avec deux évacués de Saint-Vith.

..A suivre... sur internet.

 

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Photos & reportage :

Jean-Marie Lesage - jeudi 24 décembre 2004

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