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Dans le cadre du 60ème anniversaire Houffalize participe
également aux festivités en présentant une
exposition consacrée à l'offensive des Ardennes
à Houtopia, à la salle du grenier du peintre. Possibilité
de découvrir des photos d'Houffalize détruit, d'objets
provenant de différentes collections privées, dont
beaucoup ont été retrouvés dans la région
d'Houffalize.
Ouverture officielle à 17h30 ce jeudi 23 décembre
et visible jusqu'au jeudi 15 janvier 2005.
Inauguration de l'exposition par Gérard Otto qui remplace
le bourgmestre absent.

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Contactés il y 8 jours à peine, les deux collectionneurs
ont monté cette exposition en moins de 2 jours. Michel
Martin ( Freux : tél.: 061/ 23 30 36 ) et Daniel Zune (
Les Tailles: tél.: 080 41 86 77 ) , présentent une
partie de leur collection dans les vitrines du S.I.
" Ces vitrines ont été vidées de la
collection du Docteur Verheggen . Les plus belles pièces
de celle-ci ont été détruites ou volées
lorsqu'elles étaient entreposées au dessus d'un
café " dixit Mr Nollomont responsable du cercle Sénia.

Madame Lily Daulne et madame Nelly Simont , deux survivantes Houffaloises
des bombardements, qui avaient respectivement 18 et 19 ans en
1944, elles font partie des bénévoles qui commenteront
votre visite de leurs témoignages. Elles posent devant
l'agrandissement d'une des photos exposées. Malheureusement,
la plupart de ces agrandissements ont été entreposés
dans l'humidité pendant 20 ans déjà et sont
fortement endommagés. Ces photos d'Houffalize avaient été
retrouvées et agrandies par Jean-Marie Lesage dans le cadre
de l'inauguration d'un monument en 1984 en mémoire des
victimes civiles par "Houffaize se souvient".
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René Charles nous a remis une copie du récit complet
de monsieur le Doyen Georges et retranscrit par soeur Aurélie
entre 1945 et 1946.
Nous vous proposons de découvrir ce récit que nous
publierons au fur et à mesure de nos possibilités
de le présenter.
Extrait :
La guerre 1940 à Houffalize
Récit du doyen L. Georges
Récit de monsieur le doyen de Houffalize «Louis
Georges» et recopié par soeur Aurélie que
les houffalois de mon âge ( càd né dans les
années 50 ont bien connu lorsquelle enseignait à
lécole primaire.
Monsieur l'abbé Louis Georges est nommé curé-doyen
à Houffalize le 20 juin 1928. Epuisé après
l'offensive des Ardennes, il prend sa retraite au sein de sa famille,
à Bergeval, en 1946 et y décède pieusement
le 18 juillet 1950.
Cette retranscription par soeur Aurélie date probablement
des années 45 à 46 au plus tard.page du régistre
328
Guerre 1940
Le 25 août 1939, le décret de mobilisation appela
sous les armes environ 150 paroissiens dont M. le vicaire Jacqmin
qui put néanmoins revenir chaque dimanche et même
séjourner un mois à Houffalize comme brancardier
attaché à une compagnie motorisée, installée
à l'auberge de jeunesse. Rien de particulier.
Le 10 mai 1940, vers 4h.30, explosion des mines placées
aux quatre routes aboutissant à Houffalize, grand branle-bas
général des hommes de 45 ans et exode d'une bonne
partie de la population : 600 environ.
Les uns allant jusque Engreux où ils passèrent la
nuit, les autres jusque Laroche tandis que beaucoup franchirent
la Meuse et dans les remous se firent entraîner jusqu'en
France. Plusieurs familles étaient déjà parties
en janvier.
Quelques éclaireurs allemands se montrèrent l'après-midi.
Le samedi 11 mai 1940 au matin, Houffalize était rempli
de soldats. Sans doute pour faire oublier 1914, aucun habitant
ne fut molesté, les maisons furent respectées sauf
celles des principaux .......
- En juin, les évacués commencèrent à
rentrer du nord de la France....ceux qui s'étaient rendus
dans les déportements du midi revinrent en août -
septembre
Le 28 moi, l'armée capitula.
Nos soldats, presque tous chasseurs ardennais, regagnèrent
leurs foyers après avoir rempli courageusement leur devoir
envers la patrie .
Malheureusement, on eut à déplorer la mort de quatre
d'entre eux : Marcel Cawet, Louis Verheggen, Emeric Lamy et Alfred
Renard.
Cinquante soldats environ durent prendre le chemin de la captivité
dont une vingtaine de pères de familles. Louis Lesage,
époux de Constantine Lamy mourut en Allemagne le 8 mars
1941............
page du régistre 329-330-
.....Au point de vue ravitaillement, ce fut moins bien qu'en
1914-1918 vu qu'aucun pays ne vint à notre secours comme
alors.
Houffalize - durant l'offensive Allemande 18 décembre 1944
- 18 janvier 1945
Le dimanche 10 septembre 1944, les Allemands poursuivis par l'armée
américaine quittaient vers treize heures après avoir
fait sauter les ponts. Les soldats libérateurs apparurent
sur les hauteurs de Saint Roch dirigeant le tir précis
de leurs canons sur les derniers tanks aux Cheras et sur la route
de Sommerain. Dès que l'artillerie eut cessé le
feu, les habitants sortirent de leur maison. Allégresse
générale !!!
Quelques menuisiers se mirent à réparer le pont
de la route de Liège ; ce fut terminé en 45 minutes
et les soldats américains avec jeeps, camions et tanks
commencèrent à défiler, reçus chaleureusement
par la population, couverts de fleurs, comblés de gâteaux,
liqueurs et de tout ce qu'on pouvait encore trouver dans les maisons.
L'armée séjourna dans la paroisse jusqu'au 12 décembre.
Bientôt des bals furent organisés le dimanche. Les
jeunes filles y furent d'abord invitées avec leurs parents,
puis seules. Malgré les avertissements, des jeunes filles
se distinguèrent par leur légèreté
et leur retour tardif à la maison paternelle. Les soldats
entretenaient des relations suivies avec plusieurs, au su des
parents qui les accueillaient à leurs foyers, gagnés
par le café, le savon, le chocolat qu'on leur offrait.
A une plainte faite au major des civils affaires . Celui-ci répondit
: Les moeurs de chez nous ne sont pas les murs de chez vous.
Pourtant, rien de grave ne se produisit durant ces trois mois.
Le 17 décembre, un dimanche, arrivèrent, amenés
par des camions américains, des gens de Saint-Vith et des
environs. Le centre de l'armée américaine, fortement
dégarni, formé de jeunes recrues, cédait
devant un ennemi en nombre qui, connaissant la situation, déclenchait
une offensive dans les Ardennes. Au bourgmestre qui priait le
commandant américain de s'occuper aussi de la population
de Houffalize s'il y avait quelque danger, il fut répondu
qu'on pouvait être tranquille et que, du reste, le cas échéant,
nous serions prévenus à temps.
Néanmoins, le lundi 18, l'armée quitta la ville
sans donner le moindre avertissement ...et déjà
ce lundi après-midi, un obus allemand vint briser une croix
du vieux cimetière et réduire en miettes les vitres
de l'église.
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diorama de mannequins américains

15
centrale téléphonique de campagne américaine
16
quelques armes dinfanterie allemandes
17
petit équipement du soldat américain

18
tireur allemand de MG34
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lexpo réunit tout type de matériel
Le mardi 19, quelques Allemands apparurent sur la route de Bastogne,
détruisirent une jeep et tuèrent deux Américains
des civils affaires.
Le mercredi , ce fut le défilé interminable, non
plus d'attelages comme en 40, mais de tanks énormes, de
camions automobiles, matériel souvent usé, en pauvre
état.
Ce jour-là, le bourgmestre fut convoqué à
l'hôtel de ville et cette phrase lui fut servie par l'officier
en chef : En septembre, vous avez couvert les Américains
de fleurs, eux vous couvriront de pierres .
Dès le lundi 18, les jeunes gens, surtout les réfractaires,
(ceux qui s'étaient cachés pour ne pas aller travailler
en Allemagne) et les maquisards (ceux qui s'étaient groupés
dans les bois) avaient quitté la ville pour s'arrêter
dans les villages voisins et surtout gagner la Meuse et se mettre
à l'abri dans le sud de la province de Namur et de la province
de Hainaut. A Morialmé, 45 réfugiés furent
admirablement assistés par M, le curé F. Noël,
prêtre d'un dévouement sans pareil.
En faisant des perquisitions à la gendarmerie, les Allemands
découvrirent les carnets contenant les enquêtes et
entre autres les dépositions contre certains belges accusés
d'avoir trafiqué avec l'ennemi.
Le vendredi 22, tous les témoins furent convoqués
à l'hôtel de ville et parurent un à un devant
l'officier allemand qui leur demanda de réaffirmer leur
déposition, 13 renouvelèrent leur déposition,
le quatorzième, Jules Dubru, croyant se sauver par-là,
se dédit. Tous alors furent rassemblés et l'officier
s'adressant aux premiers leur dit : Vous, vous avez été
corrects, je vous estime, vous êtes libres, puis il ajouta
: Vous êtes les amis des Allemands et s'adressant au 14éme,
il lui dit : Disparaissez au plus vite et qu'on ne vous voie plus.
Malheureusement, il s'attarda dans une maison et quand il sortit
sur le chemin en face de chez lui, il rencontra deux soldats qui
venaient l'arrêter. Ils le conduisirent aux Cheras où
Ils le massacrèrent sauvagement.
La veille du Jour de l'An, on retrouva son corps, la tête
fracassée. page du régistre 331
Ce même vendredi , eut lieu un épisode tragique où
périrent deux jeunes gens de Houffalize : Antoine Bollet
et Jean Nadin, deux maquisards.
....page du régistre 332
Ce samedi 24 vers 3 heures trente, vint au presbytère
monsieur l'abbé Maboge, curé de Wibrin depuis octobre.
Les Allemands arrivés la veille dans la paroisse recherchèrent
les principaux maquisards. Monsieur Armand Huberty, instituteur,
monsieur Armand Bastin et monsieur le curé dont le presbytère
fut fouillé de fond en comble.
Tous trois furent amenés à Houffalize. Monsieur
le curé se défendit, il n'était à
Wibrin que depuis la Toussaint. C'était son prédécesseur,
monsieur l'abbé Dambly, aumônier des maquisards qu'on
recherchait. On le relâcha en lui rendant sa machine à
écrire. Voulant aller faire les offices de Noël dans
sa paroisse, il reprit courageusement le chemin de Wibrin, Ses
deux compagnons furent massacrés.
Les jours précédant la Noël, les soldats allemands
ne cessèrent de traverser la ville, passant les nuits dons
les maisons et annonçant leurs grands succès. Les
alliés reculaient sur toute la ligne de front. Namur était
kaput , Liège aussi, Bruxelles et Anvers également
et ils se dirigeaient sur Paris. Cependant, ils ont moins de morgue
qu'en 1940.
On en remarque assez bien parlant couramment le français,
des rexistes sans doute, mais il y a aussi des Français.
Comme il fallait s'y attendre, ils pillent toutes les maisons
surtout pour récupérer les précieux restes
abandonnés par les américains.
page du régistre 332-333
Le 24, la messe est dite pour la dernière fois à
l'église en présence de quelques personnes.
Le canon se fait entendre sans interruption, on n'ose sortir de
sa maison et l'évacuation vers les bois et les villages
voisins se fait de plus en plus.
Le jour de Noël, les messes furent dites en la chapelle de
la congrégation.
Vers 10 h., les alliés bombardent Saint Roch où
est établie une D.C.A. Madame Charles, née Eléonore
Remacle est tuée dans sa maison, Charles Cawet est blessé
et transporté à la cave du docteur Verheggen où
il meurt exsangue.
Le 26, près de la gare, quelques hommes venus à
une distribution de charbon sont mitraillés, plusieurs
blessés dont Jean Gatez et Maurice Mélignon. L'aviation
reste active toute la journée, les postes de D.C.A. établis
sur les hauteurs par les Allemands donnent constamment.
Plusieurs quartiers de la ville sont bombardés.
Avenue de la Gare, Catherine Schmitz, veuve Léonard, meurt
dans la maison en flammes, la Cheravoie où le fils de Fernand
Desset Jean-Claude, est tué avec deux évacués
de Saint-Vith.
..A suivre... sur internet.
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