Peiper Paul Thomas

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Peiper Paul Thomas

Kampfgruppe Peiper



« 39-45 Ardennes 44 L’odyssée sanglante du Kampfgruppe Peiper »
(Paul Thomas, éditions Jourdan)


Une oreille dans le Bunker
Combien de bouquins, des dizaines et des centaines, couverture de noirs sapins lestés de blanche neige, ont-ils été publiés sur ce qu’on appelle de moins en moins l’Offensive von Rundstedt ?
Paul Thomas intitule le dernier « 39-45 Ardennes 44 L’odyssée sanglante du Kampfgruppe Peiper » (Kampf veut dire combat : le groupe de combat, le commando).
Signe des temps. Il faudra s’y faire.
S’habituer à lire des titres où la langue du voisin vaincu a sa place.
L’auteur s’est fait petite souris pour écouter dans le camp d’en face les motifs de l’offensive et les motivations de ses responsables. Pour relater à quel point von Rundstedt s’est fait berner par Hitler.
Il a assisté dans le Bunker au colloque singulier du Führer expliquant à un Skorzeny silencieux la stratégie géniale mais suicidaire d’un illuminé prêt à s’éteindre. Les héros sont en place : il n’est pas abusif d’appeler les Allemands héros de cette histoire, puisque l’auteur a voulu associer leur chef au roi légendaire d’Ithaque.




Le Kamfgruppe de Peiper
Il sera question bien sûr des mouvements des unités allemandes et américaines dans la région de La Gleize (Stavelot), où s’illustrera Peiper.
Mais ce livre appartient aux simples habitants de ces bourgades et villages inconnus. Quelle fut leur vie quotidienne, quels furent leurs rendez-vous avec la mort. Car l’odyssée fut sanglante par le sang de tant de civils assassinés froidement, exécutés arbitrairement, gratuitement.
Le ton de la relation des atrocités commises par le Kampfgruppe de Peiper -y compris la police d’écriture- interpelle. On a l’impression par moments, de par certaines tournures idiomatiques allemandes, que l’auteur a prêté sa plume à un soldat allemand, un repenti, un enrôlé de force.
Oui, on a l’impression d’un récit, sinon collectif, qui s’est voulu biculturel.
Une sorte de mimétisme linguistique, qui impose pour les sacrifiés un respect empreint d’ambiguïté.


Le lynchage de Peiper par des civils français, en 1970

Peiper méritait-il la mort qui fut la sienne, le 14 juillet 1976 ?
Cette année là, les habitants d’un village français de Haute-Saône apprirent par un tract du puissant parti communiste français que le paisible retraité qu’ils côtoyaient tous les jours n’était autre que l’Obersturmbannführer « criminel de guerre » Peiper Joachim. L’Humanité amplifia l’information.
Il reçut des lettres de menaces. Sa femme retourna en Allemagne.
Le 14 juillet à une heure du matin des cocktails molotov incendient sa maison.
« On pense », écrit prudemment Paul Thomas sur base du communiqué officiel des autorités françaises, que le cadavre calciné retrouvé dans les décombres est celui de Joachim Peiper, mort asphyxié.
Il avait 60 ans.
Il est enterré au bord du lac d’Ammersee, en Bavière.
Sa femme, décédée le 10 avril 1979 à Munich, repose auprès de lui.

René Dislaire




 

 



 

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Reportage : René Dislaire
Photos: J-M Lesage &
19 juin 2012

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